Christian Estrosi veut mettre en avant l’origine française des produits

Alors qu’un mémorandum pour la révision de la législation européenne sur le marquage d’origine est aussi en préparation, le ministre de l’Industrie a rendu compte des produits fabriqués dans l’Hexagone.

EURACTIV.fr

Alors qu’un mémorandum pour la révision de la législation européenne sur le marquage d’origine est aussi en préparation, le ministre de l’Industrie a rendu compte des produits fabriqués dans l’Hexagone.

Le ministre français chargé de l’Industrie, Christian Estrosi, a présenté, mardi 31 août, le premier observatoire du « Fabriqué en France ». Il doit permettre de rendre compte de la part qu’occupent les produits « fabriqués en France » dans leurs marchés respectifs.

Selon les chiffres annoncés par le ministère de l’Industrie, les composants français pour les produits assemblés dans l’hexagone étaient de 75% en 1999 et de 69% en 2009. La proportion des produits fabriqués en France sur la totalité des produits consommés a quant à elle baissé de 66 à 62% en dix ans. 

L’observatoire s’intéresse à la part des produits fabriqués en France dans le marché intérieur français mais aussi dans les échanges mondiaux. Il sera réactualisé chaque année et fait suite aux États généraux de l’industrie qui ont eu lieu en mars 2009.

Selon le ministre, l’appellation « Fabriqué en France » ne relève pas du « protectionnisme ». Il s’agit plutôt de « placer notre industrie au cœur d’un modèle de croissance économique ». « Oui aux importations mais si dans le même temps cela permet d’augmenter nos exportations », explique le ministre.

Blocage au Conseil

Pour pérenniser le « Fabriqué en France », 11 comités par filières, installés dans les prochaines semaines, rassembleront les entreprises françaises « autour d’une vision stratégique commune, à l’image de ce qui a fait le succès du modèle industriel allemand ». Cette politique du « Fabriqué en France » sera dotée d’outils réglementaires et législatifs, suivant ainsi les recommandations du rapport du député Yves Jégo (UMP), sur la mise en place d’un label marque France.

De plus, une mission administrative travaille, en lien avec Yves Jégo, sur un mémorandum sur la position de la France en faveur d’une révision de la législation européenne sur le marquage d’origine. Il est adressé à la Commission européenne. Dans son rapport, Yves Jégo proposait que la France conduise une action d’influence en faveur d’un texte rendant obligatoire le marquage de l’origine nationale des produits mis en vente sur le marché communautaire.

Au niveau européen, la Commission avait présenté en 2005 une proposition de règlement mais celle-ci est restée bloquée au conseil des ministres. Mais le 25 novembre 2009, les parlementaires ont voté une résolution demandant l’application du « marquage d’origine obligatoire ». Ils ont demandé à la Commission de maintenir sa proposition pour un règlement européen rendant obligatoire le marquage du pays d’origine pour les articles de bijouterie, sacs à main, produits textiles, vêtements et chaussures, meubles, objets en cuir, lampes et luminaires, objets en verre et en céramique. Mais les États membres n’ont, pour l’instant, pas réussi à trouver un accord sur le marquage d’origine.

Le Parti socialiste (PS) français a réagi, le 1er septembre, à la présentation de l’observatoire. « Face au déclin de l’industrie française, la seule réponse du gouvernement est la création d’un label  » made in France  » », dénonce le PS. Selon le parti, une politique industrielle ambitieuse et cohérente passe notamment par l’application pragmatique du principe de concurrence par la Commission.