Charles III, homme de passions et roi d'une délicate transition

Le roi Charles III, attendu en France pour sa première visite d'Etat, est un homme de passions, parmi lesquelles l'écologie. Mais à 74 ans, il doit aussi assurer une délicate transition pour la monarchie, après le très long règne d'Elizabeth II.

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Si la reine Elizabeth cultivait le mystère et la distance, Charles III se veut chaleureux et accessible lors de bains de foule. [I T S / Shuttterstock]

Le roi Charles III, attendu en France pour sa première visite d’Etat, est un homme de passions, parmi lesquelles l’écologie. Mais à 74 ans, il doit aussi assurer une délicate transition pour la monarchie, après le très long règne d’Elizabeth II.

Depuis sa mort le 8 septembre, Charles a endossé les lourds habits de roi, prenant soin de ne plus exprimer d’opinion, lui parfois surnommé le prince activiste pour ses idées sur l’environnement, l’agriculture biologique, les médecines douces, l’éducation ou encore l’architecture.

Soucieux de rassembler, il s’est rendu en Ecosse, en Irlande du Nord et au Pays de Galles, les trois nations constitutives du Royaume-Uni avec l’Angleterre.

La reine Elizabeth cultivait le mystère et la distance, il se veut chaleureux et accessible lors de bains de foule.

Son emploi du temps et ses premières décisions racontent son désir à la fois de modernité et d’ouverture, mais aussi de continuité pour une institution devenue moins importante pour les jeunes Britanniques, et contestée dans certains des 14 pays du Commonwealth dont il est le roi, en plus du Royaume-Uni.

Chef d’Etat au pouvoir largement symbolique, Charles III est récemment allé rencontrer des réfugiés soudanais du Darfour, a appelé les 56 pays du Commonwealth à l’unité face « aux questions les plus pressantes de notre époque » dont « le changement climatique » en recevant leurs émissaires à Londres.

Sept décennies à attendre

Il a rendu visite aux bénévoles d’une association s’occupant de personnes âgées, et reçu plusieurs dirigeants dont la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, après l’accord sur les nouvelles dispositions post-Brexit en Irlande du Nord.

Il a aussi célébré les deux ans du cercle littéraire « the Reading Room » créé par son épouse Camilla sur Instagram.

Pendant 70 ans, enfant sensible et solitaire, puis prince héritier sans autre rôle que de « soutenir la reine pour assurer le rayonnement de la monarchie », il avait vécu dans l’ombre maternelle.

Ces derniers mois, c’est son fils Harry qui lui a volé la vedette avec sa biographie à succès « Le suppléant » et sa série sur Netflix, où il règle ses comptes avec la famille royale.

Charles III travaille dur pour imprimer sa marque, à un âge où d’autres savourent leur retraite.

Mais il est aussi moins populaire que son fils William, 40 ans, désormais prince héritier.

Une poignée de manifestants antimonarchistes l’ont même hué lors de plusieurs déplacements récents.

Travailleur acharné

Sa côte de popularité à 63% (contre 81% pour sa mère et 72% pour William selon YouGov) « n’est pas mauvaise du tout pour quelqu’un qui est monté sur le trône à plus de 70 ans », estime le commentateur royal Richard Fitzwilliams qui y voit le résultat d’un « roi consciencieux ».

« C’est un homme chaleureux, qui est plus prêt à exprimer ses émotions que sa mère, très bon avec les gens », estime pour sa part l’ancien ambassadeur britannique en France Peter Ricketts, saluant un « homme de conviction ».

William et Harry ont raconté un père qui travaille énormément, s’endormant parfois sur son bureau tard dans la nuit.

Impatient, « il veut que les choses soient faites d’ici hier » a dit de lui sa femme Camilla, désormais reine consort, tout en racontant un grand-père drôle qui raconte Harry Potter à ses petits-enfants en faisant les voix des personnages.

Le roi a ces derniers mois a commencé à resserrer la monarchie autour de Camilla, du couple de William et Kate, et de son plus jeune frère Edward et son épouse Sophie.

Les préparatifs de son couronnement, cérémonie religieuse millénaire vont bon train: quelque 2 000 personnes sont attendues le 6 mai à l’Abbaye de Westminster (contre 8 200 pour Elizabeth II en 1953). Camilla sera aussi couronnée aux côtés de son mari.

Selon un sondage YouGov, 22% des Britanniques n’ont pas l’intention de le regarder, et même si des écrans géants vont être disposés un peu partout dans le pays, 58% n’ont pas l’intention de se rassembler dans un espace public pour l’occasion.