Ceux qui nient le génocide de Srebrenica « n’ont pas leur place en Europe », dit l’UE

Ceux qui nient ou relativisent le génocide de Srebrenica « n’ont pas leur place en Europe », a mis en garde un porte-parole de l’UE mardi (14 mai), alors que l’Assemblée générale de l’ONU s’apprête à adopter une résolution faisant du 11 juillet une journée de commémoration, ce qui rend la Serbie furieuse.

EURACTIV France avec AFP
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Le 11 juillet 1995, les forces serbes de Bosnie ont tué dans les alentours de cette ville de Bosnie orientale plus de 8 000 hommes et adolescents bosniaques (musulmans). [Shutterstock/Kaaca]

Ceux qui nient ou relativisent le génocide de Srebrenica « n’ont pas leur place en Europe », a mis en garde un porte-parole de l’UE mardi (14 mai), au moment où l’Assemblée générale de l’ONU s’apprête à adopter une résolution faisant du 11 juillet une journée de commémoration, ce qui rend la Serbie furieuse.

« L’UE ne tolérera parmi ses membres, parmi ses acteurs, quiconque essayera de nier le génocide (de Srebrenica), de relativiser le génocide ou de glorifier des criminels de guerre », a déclaré à la presse à Bruxelles Peter Stano, un porte-parole du service diplomatique de l’UE.

« C’est quelque chose que nous disons aux pays qui veulent faire partie » de l’Union européenne, a-t-il poursuivi. « Nous attendons de tous les politiques dans les Balkans occidentaux qu’ils s’abstiennent d’agir ou d’utiliser une rhétorique […] qui pourrait être perçue comme une négation des choses atroces qui se sont passées à Srebrenica ».

« La question de savoir s’il y a eu ou non un génocide à Srebrenica n’est pas une question d’opinion. C’est une décision des instances judiciaires internationales », a encore dit Peter Stano. Et d’ajouter : « Quiconque tente de remettre cela en question n’a pas sa place en Europe ».

Le président serbe Aleksandar Vucic, dont le pays négocie son adhésion à l’UE, a déclaré lundi qu’il se rendrait à l’ONU pour y exprimer la position de la Serbie en amont du vote sur la résolution qui pourrait avoir lieu dans les prochains jours.

« Quelqu’un doit adresser une réponse à ceux qui souhaiteraient accuser les Serbes d’être un peuple génocidaire et je vais leur donner la réponse qu’ils méritent », a-t-il lancé devant la presse à Belgrade.

Le projet de résolution — consulté par l’AFP — prévoit que le 11 juillet deviendra la « Journée internationale de réflexion et de commémoration du génocide de Srebrenica » dès 2025, à l’occasion du 30e anniversaire du massacre.

Le 11 juillet 1995, les forces serbes de Bosnie ont tué dans les alentours de cette ville de Bosnie orientale plus de 8 000 hommes et adolescents bosniaques (musulmans).

Ce crime a été qualifié de génocide par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) et la Cour internationale de Justice (CIJ). C’est le pire crime commis pendant la guerre intercommunautaire de Bosnie (1992-95), qui a fait près de 100 000 morts.

Les dirigeants de l’entité serbe de Bosnie (Republika Srpska, RS) et de la Serbie admettent qu’un « crime horrible » a été commis à Srebrenica mais rejettent la qualification de génocide. Le chef politique des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik, a plusieurs fois nié ces derniers temps que ce massacre ait été un acte de génocide et revu à la baisse le nombre des victimes.