Cet hiver, les risques de rupture d’approvisionnement électrique seraient modérés
Selon le gestionnaire de réseaux de transport d’électricité, le recours aux marchés européens et à l’effacement devraient suffire en cas de grand froid. Mais si le réseau allemand est saturé, les risques de "black out" sont possibles.
Selon le gestionnaire de réseaux de transport d’électricité, le recours aux marchés européens et à l’effacement devraient suffire en cas de grand froid. Mais si le réseau allemand est saturé, les risques de « black out » sont possibles.
La France sera-t-elle en mesure de trouver de l’électricité ailleurs qu’en Allemagne cet hiver et éviter ainsi les ruptures d’approvisionnement en cas de grand froid ? A la suite de la décision de Berlin, en mai dernier, de stopper le fonctionnement de huit centrales nucléaires dans le Sud du pays, sans en avertir Paris, la question pouvait se poser.
En 2010, la France a importé principalement de son voisin d’Outre-Rhin les 7 gigawatts d’électricité qui lui ont manqué en période de pic de consommation.
Dans ce contexte, le rapport annuel de RTE sur l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité pour l’hiver, dévoilé le 9 novembre, était très attendu.
Risques modérés
Mais, selon le gestionnaire de réseau de transport d’électricité français (RTE), les risques de rupture d’approvisionnement sont « modérés » cet hiver. L’entreprise table sur des conditions prévisionnelles comparables à celles réalisées pour l’hiver 2010-2011, et ce malgré une hausse de la consommation d’électricité.
Des importations seront probablement nécessaires en novembre et décembre, juge le rapport, en raison du planning de maintenance d’une partie des moyens de production. Mais elles devraient rester « bien inférieures aux capacités maximales d’importation du réseau électrique français ». RTE compte sur un solde des échanges exportateurs dès le mois de janvier.
Vague de froid
Le rapport souligne qu’une vague de grand froid, avec des températures inférieures de 6 à 8°C aux normales saisonnières, nécessiterait des importations d’électricité, qui devraient rester compatibles avec les limites techniques du réseau de transport français, estimées à 9000 mégawatts dans les conditions les plus favorables.
Dans un tel scénario, RTE estime que le recours aux marchés européens, combiné à des mesures d’effacements de consommation, suffiront à satisfaire la demande du pays.
Le gestionnaire de réseau note également l’augmentation de la disponibilité prévisionnelle du parc de production français pour l’hiver 2011-2012, notamment grâce à l’arrivée de nouvelles centrales, principalement éoliennes et thermiques à flamme.
Selon le ministre de l’Industrie Eric Besson, le recours aux importations en provenance de Belgique et des usines à charbon de l’Europe de l’Est, ainsi que l’augmentation de la production française d’énergie éolienne suffiront au pays.
Risque de black-out
Les capacités de la France à s’approvisionner ailleurs qu’en Allemagne en période de pointe semblent possibles.
Mais les huit centrales nucléaires, dont l’activité à été arrêtée, se trouvent dans le Sud du pays. Or, si l’Allemagne dispose des capacités de production et d’importation nécessaires pour assurer son approvisionnement, la faiblesse des infrastructures d’électricité Outre-Rhin pourrait poser problème.
« Le principal risque, ce n’est pas la pénurie de moyens de production », a déclaré le ministre de l’Energie Eric Besson.
Il n’exclut cependant pas un « black-out de grande ampleur » déclenché par une congestion du réseau allemand pendant un épisode de grand froid. « Des situations de tension très basse sur le réseau de grand transport allemand, susceptibles de s’étendre au réseau français, pourraient se traduire par un « écroulement de tension’ », a expliqué le ministre de l’Energie.
Coordination européenne
Le rapport de RTE salue enfin le renforcement de la coordination des gestionnaires de réseaux voisins de l’Allemagne.
Un document sur les prévisions hivernales en Europe sera par ailleurs publié par l’association européenne des gestionnaires de transport d’électricité (ENTSO-E) le 1er décembre. Dans un premier communiqué, l’association fait d’ores et déjà part de ses inquiétudes et appelle les pays européens à une coopération étroite pour assurer les approvisionnements d’électricité.
Le même jour, le groupe de coordination sur les politiques énergétiques en Europe, annoncé par la France et l’Allemagne le 20 septembre dernier, tiendra sa première réunion.