Cessez-le-feu en Ukraine : l'Autriche veut que l'UE discute avec les alliés de la Russie

Plus de la moitié des États membres de l’UE soutiennent une lettre appelant Bruxelles à intensifier ses efforts diplomatiques auprès des alliés de Moscou afin d’accroître la pression la Russie pour qu’elle accepte un cessez-le-feu en Ukraine.

EURACTIV.com
EU Foreign Affairs Council Meeting
(De gauche à droite) Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Lokke Rasmussen, s'entretient avec la Haute représentante de l'Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, et la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Beate Meinl-Reisinger, avant le début d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Bruxellel, e 17 mars 2025. [Getty Images/Thierry Monasse]

Plus de la moitié des États membres de l’Union européenne soutiennent une lettre appelant Bruxelles à intensifier ses efforts diplomatiques auprès des alliés de Moscou afin d’accroître la pression la Russie pour qu’elle accepte un cessez-le-feu en Ukraine.

Cette démarche diplomatique fait suite à des pourparlers récemment organisés en Turquie entre Kiev et Moscou — les premiers en personne depuis plusieurs années. Ces discussions n’ont toutefois débouché sur aucun accord, la Russie s’étant montrée réticente à s’engager au plus haut niveau.

« Dans ce contexte, l’UE a un intérêt stratégique à renforcer le soutien mondial à une proposition de cessez-le-feu », a écrit la ministre autrichienne des Affaires étrangères Beate Meinl-Reisinger dans la lettre, consultée par Euractiv.

La lettre sera envoyée à la Haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères Kaja Kallas, lundi 19 mai, et le sujet sera mis à l’ordre du jour de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union à Bruxelles le lendemain.

À ce stade, quinze pays de l’UE se sont joints à l’initiative autrichienne, qui appelle Kaja Kallas à « prendre l’initiative de coordonner un nouvel effort diplomatique mondial, ciblé et commun ».

« De nombreux pays entretiennent des relations étroites avec Moscou, qui pourraient et devraient être mises à profit pour accroître la pression diplomatique sur la Russie », peut-on lire dans la lettre.

« Cette action doit être menée dans les deux sens et tenir compte de la situation et des préoccupations spécifiques des pays de ces régions », est-il encore indiqué.

Quelles cibles ?

Bien que la lettre ne cite pas de pays en particulier, plusieurs diplomates européens estiment que des puissances comme l’Inde, la Chine ou le Brésil doivent être au cœur de ce nouvel élan diplomatique pour infléchir la position russe.

Les signataires appellent également les 144 délégations de l’UE dans le monde à adopter une posture plus proactive, en intensifiant les échanges avec leurs homologues pour plaider en faveur d’un cessez-le-feu.

Convaincre les acteurs clés du Sud s’est toutefois avéré une tâche ardue pour Bruxelles au cours des trois dernières années.

De nombreux pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine se montrent réticents à condamner fermement l’invasion russe, percevant la guerre à travers le prisme d’un deux poids, deux mesures occidental et de griefs historiques.

Malgré des ouvertures diplomatiques répétées, les efforts de l’UE pour faire reconnaître le conflit comme une violation flagrante du droit international sont souvent restés lettre morte.

Dans certains pays, les liens économiques avec Moscou — et le désir de rester non-aligné — l’ont emporté sur les appels des Européens à la solidarité avec l’Ukraine.

Si certains pays du Sud ont soutenu les résolutions de l’ONU condamnant l’invasion, seuls quelques-uns se sont joints aux sanctions occidentales ou ont réduit leurs relations avec Moscou.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]