Céréales : la réduction du niveau maximum autorisé de mycotoxines aura un coût pour les producteurs, selon une eurodéputée
La réduction du niveau maximum autorisé de mycotoxines dans les céréales pourrait coûter cher aux producteurs de céréales européens, a averti mercredi (29 mai) l’eurodéputée française Anne Sander.
La réduction du niveau maximum autorisé de mycotoxines (des substances produites par des champignons pouvant nuire à la santé humaine si elles sont consommées en quantité suffisante) dans les céréales pourrait coûter cher aux producteurs de céréales européens, a averti mercredi (29 mai) l’eurodéputée française Anne Sander.
Dans une lettre adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, l’eurodéputée membre du Parti populaire européen (PPE) demande une révision des limites fixées par de nouvelles règles européennes qui doivent entrer en vigueur en juillet ou une exemption pour les agriculteurs cette année.
« Je souhaite attirer votre attention sur les difficultés que rencontrent actuellement de nombreux agriculteurs, et plus particulièrement les céréaliers, notamment en France, en ce qui concerne la réglementation relative à la présence de mycotoxines dans les céréales », peut-on lire dans la lettre.
Le développement de ces toxines est lié aux conditions d’humidité lors de la croissance des céréales, exacerbées par les fortes précipitations qui touchent actuellement plusieurs régions françaises.
En 2017, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié deux avis mettant en garde contre l’exposition excessive des citoyens européens de tous âges à certaines mycotoxines.
En 2024, l’UE a adopté deux règlements visant à réduire les risques pour la santé des consommateurs. Ceux-ci fixent les teneurs maximales pour la somme des toxines T-2 et HT-2 à 50 microgrammes par kilogramme et abaissent les teneurs maximales pour la toxine DON dans les céréales non transformées de 1 250 à 1 000 microgrammes par kilogramme, à partir de juillet.
Selon l’eurodéputée, ces nouvelles limites seraient « insoutenables » pour les agriculteurs.
« Les agriculteurs n’auront d’autre choix que de sacrifier une partie de leur récolte ou d’augmenter leur utilisation de produits phytosanitaires, au moment même où ils essaient de réduire leur utilisation », a expliqué Mme Sander. « Ce n’est pas acceptable. »
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]