Cercle des Européens - Groupe des Belles Feuilles : D’« Erasmus plus » à « Erasmus puissance 10 »
Le programme de mobilité étudiante Erasmus représente une formidable opportunité économique pour relancer la dynamique européenne, estiment le Cercle des Européens et le Groupe des Belles Feuilles. Afin de faire de l’UE une zone de connaissance plus compétitive et de lutter contre le chômage des jeunes, les deux associations proposent la mise en place d’ un « Erasmus puissance 10 », dans le cadre de la Présidence française de l’UE en 2008.
Le programme de mobilité étudiante Erasmus représente une formidable opportunité économique pour relancer la dynamique européenne, estiment le Cercle des Européens et le Groupe des Belles Feuilles. Afin de faire de l’UE une zone de connaissance plus compétitive et de lutter contre le chômage des jeunes, les deux associations proposent la mise en place d’ un « Erasmus puissance 10 », dans le cadre de la Présidence française de l’UE en 2008.
Diagnostic :
Il est impératif, pour relancer la dynamique européenne, de proposer de nouveaux projets porteurs de sens et capables de susciter l’enthousiasme des citoyens de l’Union.
L’émergence d’une « Europe des citoyens » apparaît comme le prochain grand défi à relever. Il nous semble indispensable que l’espace européen constitue une opportunité non seulement pour la vie sociale et culturelle, mais également pour la réussite professionnelle de la nouvelle génération d’Européens.
Pour cela, l’Union européenne dispose déjà d’une formidable machine, de surcroît très populaire : le programme Erasmus. Erasmus, tant par la dimension d’ouverture, de découverte et d’échanges culturels, que par la formidable opportunité économique qu’il représente, pourrait être un excellent moyen de relancer la dynamique européenne. Mais cette machine est non seulement sous-utilisée, mais surtout mal utilisée au regard des défis auxquels l’Europe est aujourd’hui confrontée : création d’un espace européen d’enseignement et de recherche, emploi des jeunes, compétitivité économique et attractivité des territoires de l’Union pour les entreprises et les talents étrangers.
Sous-utilisé
Alors que la mobilité, notamment étudiante, s’est imposée comme un enjeu économique majeur, et que les flux de mobilité étudiante augmentent partout dans le monde, on constate que les flux intra-européens augmentent beaucoup moins vite. Aujourd’hui, seuls 1% des étudiants bénéficient à un moment donné du programme Erasmus, ce qui veut dire qu’à la fin d’un cycle d’étude complet, moins de 4% seront partis grâce à ce programme. A titre de comparaison, entre le tiers et la moitié des étudiants américains changent d’État à la fin de chaque cycle d’étude.
Mal utilisé
Les échanges Erasmus apportent relativement peu aux étudiants en termes de formation académique ou professionnelle. Ils sont trop courts pour permettre de valider de véritables acquis et ne sont vécus que comme le moyen de découvrir culturellement un pays. Si l’on y ajoute l’absence d’articulation avec la possibilité d’effectuer une formation professionnelle courte ou un stage dans le pays d’accueil, Erasmus, dans son fonctionnement actuel, n’est que marginalement pertinent pour l’emploi des jeunes, la formation de véritables cadres européens, la construction de l’Espace européen d’enseignement supérieur et de recherche, la compétitivité des établissements d’enseignement supérieur de l’Union, ou même l’apprentissage des langues. Enfin, le programme Erasmus s’adresse uniquement aux étudiants d’universités ou de grandes écoles, excluant de fait une large part de la jeunesse européenne.
La volonté de M. Jouyet, secrétaire d’État aux Affaires européennes de la France, de promouvoir un « Erasmus plus » lors de la Présidence française de l’Union va donc dans le bon sens, mais ne semble guère suffisante. Il faut faire plus, certes, mais aussi autrement : réconcilier Erasmus avec une dimension économique, sans lui faire perdre son rôle d’intégrateur culturel.
Solutions envisagées :
Pour que l’Europe se donne effectivement les moyens de devenir la zone de connaissance la plus compétitive du monde et de lutter efficacement contre le chômage des jeunes, nous proposons :
1. d’augmenter significativement le volume global d’Erasmus (x 10) ;
2. d’allonger la durée des séjours pour permettre une véritable formation ;
3. d’ouvrir Erasmus à des jeunes en filières professionnelles ou en formation continue ;
4. d’intégrer la formation professionnelle dans le processus Erasmus, tout d’abord en intégrant le programme européen Leonardo à la machine Erasmus, mais aussi en favorisant les séjours mixtes formation/stages et en associant les entreprises volontaires à toutes les étapes.
Il conviendrait donc de mettre en place un « Erasmus puissance 10 », plus étendu, plus efficace car visant à offrir de véritables formations, plus ouvert car ne se réduisant pas aux seuls étudiants d’université et donc plus pertinent pour l’avenir des jeunes qui bénéficieront de ce programme.
A ces conditions, l’Europe prendra une réalité concrète pour la nouvelle génération de citoyens européens et aura fait un pas décisif vers l’achèvement de sa nouvelle phase de construction.