Catherine Ashton en mission de médiateur au Caire

La haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères va organiser des négociations en Égypte le 29 juillet. Au moins 72 sympathisants du président égyptien déchu ont été abattus lors de manifestations récentes.

EURACTIV.com / Reuters
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La haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères va organiser des négociations en Égypte le 29 juillet. Au moins 72 sympathisants du président égyptien déchu ont été abattus lors de manifestations récentes.

Plusieurs milliers de partisans du président évincé, Mohamed Morsi des Frères musulmans, ont menacé de marcher sur les quartiers généraux des services de renseignements militaires pour y défier l'armée.

 

Ils sont revenus dans la matinée après avoir manifesté pacifiquement dans le nord du Caire. Ils scandaient : « Nous sacrifierons notre sang et nos âmes pour Morsi ».

 

À la suite de rassemblements de masse des opposants, les affrontements meurtriers du 27 juillet ont aggravé la situation du pays depuis que l'armée a destitué le 3 juillet le premier président élu démocratiquement.

 

L'Occident craint de plus en plus une escalade du conflit dans le pays le plus peuplé du monde arabe. L'Égypte constitue un pont entre le Moyen-Orient et l'Afrique. Elle reçoit 700 millions d'euros d'aide économique de l'UE et plus de 750 millions d'euros en aide militaire des États-Unis.

 

Catherine Ashton devait rencontrer le général Abdel Fattah al-Sissi, le chef de l'armée égyptienne qui a renversé Mohamed Morsi ; Adli Mansour, le président par intérim ; et des responsables du Parti liberté et justice, la branche politique des Frères musulmans.

 

Elle a appelé dans un communiqué à « un processus de transition politique totalement ouvert, et intégrant tous les groupes politiques, y compris les Frères musulmans ».

 

Des milliers de fidèles des Frères ont manifesté en silence pendant des semaines devant la mosquée Rabaa al-Adawiya, dans le nord du Caire pour exiger le retour du président déchu. Ils narguaient ainsi les autorités militaires qui menaçaient de les disperser.

 

Le fils dévoué de l'Égypte

 

Mohamed Morsi avait nommé Abdel Fattah al-Sissi au poste de ministre des affaires étrangères. Ce dernier s'est retourné contre le président un an après son entrée au pouvoir. Lors de sa première apparition médiatique depuis les affrontements meurtriers, le général, tout de blanc vêtu, souriait devant les caméras lors de la remise des diplômes pour les nouvelles recrues de la police.

 

Le public l'a ovationné et l'a présenté comme le « fils dévoué de l'Égypte ».

 

Sa présence dans les médias publics et privés montre que l'homme politique gagne en popularité dans un pays dirigé par des militaires pendant plus de 60 ans. En 2011, un soulèvement populaire a mis fin à la dictature militaire d’Hosni Moubarak.

 

Selon ses déclarations, l'armée ne veut pas conserver le pouvoir et souhaite rendre les pleins pouvoirs aux civils à l'aide d'« une feuille de route » vers des élections législatives dans environ six mois. L'incarnation du pouvoir en la personne d'Abdel Fattah al-Sissi a jeté le doute sur les intentions de l'armée. Selon les Frères musulmans, les militaires ne veulent pas appliquer sa feuille de route.