Catalogne : Carles Puigdemont retourne en Espagne et condamne sa « répression »
L’ancien président catalan Carles Puigdemont est rentré en Espagne le 8 août, accueilli par quelque 3 500 partisans séparatistes rassemblés à Barcelone, et a déploré la « répression » dont il est victime depuis la tentative de référendum d’indépendance ratée de 2017.
L’ancien président catalan Carles Puigdemont est rentré en Espagne jeudi 8 août, accueilli par quelque 3 500 partisans séparatistes rassemblés à Barcelone, et a déploré la « répression » dont il est victime depuis la tentative de référendum d’indépendance ratée de 2017.
« Aujourd’hui, je suis venu pour vous rappeler que nous sommes encore ici parce que nous n’avons pas le droit [d’abandonner nos idées] », a déclaré Carles Puigdemont.
Pour rappel, Carles Puigdemont a fui l’Espagne après l’échec du référendum d’indépendance de la Catalogne d’octobre 2017. Faisant l’objet d’un mandat d’arrêt pour sa participation à cette initiative, il s’est d’abord exilé à Waterloo, près de Bruxelles, jusqu’en avril de cette année, avant de s’installer dans le sud de la France.
« Cela fait sept ans qu’ils nous persécutent parce que nous voulons écouter la voix du peuple catalan. Il y a sept ans, ils ont commencé une dure répression qui nous a conduits en prison et en exil, affectant la vie de milliers et de milliers de personnes, au motif qu’elles étaient indépendantistes, ou parfois juste parce qu’elles parlent catalan, et ils ont transformé le fait d’être catalan en quelque chose de suspect », a dénoncé l’ancien président catalan.
Très attendu par les médias espagnols et internationaux, le chef du parti séparatiste de droite Ensemble pour la Catalogne (JxCat) a annoncé il y a quelques jours qu’il avait l’intention de se rendre au parlement catalan, à Barcelone, dès jeudi, malgré le risque d’une arrestation.
Il comptait assister à l’investiture de Salvador Illa, chef du Parti des socialistes de Catalogne (PSC), en tant que nouveau président de l’exécutif régional (Generalitat).
« Aujourd’hui, beaucoup célébreront mon arrestation et penseront que le mépris nous découragera, qu’il vaut même la peine d’enfreindre une loi votée par votre parlement pour se moquer de moi. Mais ils se trompent. Et dans leur erreur, ils vont une fois de plus porter atteinte à la crédibilité de la démocratie espagnole », a poursuivi Carles Puigdemont.
Le leader de JxCat maintient que « ce n’est pas, ni n’a été, ni ne sera jamais un crime d’organiser un référendum et d’obéir au mandat du parlement de Catalogne ».
Selon la chaîne publique RTVE, Carles Puigdemont n’est pas entré au parlement catalan pour assister à l’investiture et, à 11 heures, aucune information n’indiquait qu’il avait été arrêté.
Chasse à l’homme
Selon EFE, la police régionale catalane a déployé une vaste opération — baptisée Jaula (« cage », en espagnol) — dans toute la ville de Barcelone pour tenter d’arrêter le leader séparatiste.
Jusqu’à récemment, les partis indépendantistes étaient parvenus à former des alliances pour empêcher les socialistes d’arriver au pouvoir. Cependant, les élections générales du 12 mai dernier ont été remportées par le socialiste Salvador Illa.
Ce dernier n’a toutefois pas obtenu une majorité suffisante pour gouverner seul. Le parti de Carles Puigdemont, JxCat, arrivé deuxième lors de ces élections, a refusé de lui accorder son soutien, mais le parti séparatiste de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) a appuyé sa candidature moyennant des concessions, notamment une plus grande autonomie sur le plan budgétaire pour la Catalogne.
Malgré la loi d’amnistie pour les séparatistes catalans promue par le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez (Parti socialiste-ouvrier espagnol, PSOE), le détournement de fonds et l’enrichissement personnel ne sont pas couvert par l’amnistie.
Carles Puigdemont est toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt national pour le crime d’enrichissement personnel.
JxCat et l’ERC disposent tous deux de sept députés au parlement national espagnol, et le soutien au gouvernement de coalition de Pedro Sánchez avec la plateforme de gauche Sumar dépend entre autres de ces législateurs.
Le séparatiste catalan Carles Puigdemont annonce son retour en Espagne malgré les tensions
L’ancien président catalan, Carles Puigdemont, a annoncé qu’il prévoyait de retourner en Espagne pour l’investiture…
6 minutes
[Édité par Anne-Sophie Gayet]