Carles Puigdemont parvient de nouveau à échapper aux forces de l’ordre espagnoles
L’ancien président catalan et leader séparatiste Carles Puigdemont a joué un tour digne d’un illusionniste, en s’éclipsant de nouveau après avoir prononcé un discours à Barcelone jeudi 8 août, alors qu’il était activement recherché par la police espagnole.
L’ancien président catalan et leader séparatiste Carles Puigdemont a joué un tour digne d’un illusionniste, en s’éclipsant de nouveau après avoir prononcé un discours à Barcelone jeudi 8 août, alors qu’il était activement recherché par la police espagnole.
Quelques minutes avant la cérémonie d’investiture du nouveau président catalan, le socialiste Salvador Illa (PSC/PSOE), Carles Puigdemont, chef du parti séparatiste de droite Ensemble pour la Catalogne (JxCat), a réussi à prononcer un bref discours devant quelque 3 500 partisans, à l’Arc de Triomphe, lieu symbolique de la capitale catalane pour les séparatistes.
Personne ne peut expliquer comment il a pu s’y rendre sans être repéré ou appréhendé par la police régionale catalane, à moins qu’il n’y ait eu un « pacte tacite » pour le laisser parler, comme l’ont supposé les médias espagnols.
« Je ne sais pas quand nous nous reverrons. Mais quand le moment sera venu, nous pourrons pousser ensemble le cri par lequel je vais terminer [mon discours] : Vive la Catalogne libre », s’est-il exclamé.
Après son discours, il a été vu pour la dernière fois se dirigeant à travers la foule vers le bâtiment du parlement régional, mais, depuis, il a « disparu ».
Pendant ce temps, la police catalane a arrêté un officier accusé d’avoir aidé Carles Puigdemont à s’enfuir en voiture, après sa prise de parole lors du rassemblement JxCat, a rapporté EFE, partenaire d’Euractiv.
La police catalane a lancé l’opération Jaula (« cage », en espagnol) pour retrouver l’ancien dirigeant séparatiste, et des barrages routiers ont été mis en place dans la ville.
Fait embarrassant pour les autorités espagnoles, le leader séparatiste a pu se promener librement dans le centre de Barcelone comme un touriste, bien qu’il soit sous le coup d’un mandat d’arrêt national.
Bien que les accusations de trahison et de terrorisme à son encontre aient été abandonnées dans le cadre de l’accord d’amnistie très controversé conclu avec le gouvernement du Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez (PSOE/S&D), et la plateforme de gauche Sumar (La Gauche), Carles Puigdemont fait toujours face à des accusations de détournement de fonds publics et d’enrichissement illicite, liées à l’organisation du référendum illégal sur l’indépendance du 1er octobre 2017.
La Cour suprême espagnole a statué en juillet que le délit de détournement de fonds n’était pas couvert par la loi d’amnistie, qui protège les dirigeants indépendantistes de toute poursuite pour leur rôle dans la tentative de sécession de cette année-là.
Cependant, l’arrestation de Carles Puigdemont aurait pu menacer la stabilité du gouvernement de Pedro Sánchez.
La pérennité du gouvernement de coalition composé par le PSOE et Sumar dépend du soutien des sept députés de JxCat et des sept députés de leur parti rival, la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), au sein du parlement national.
Une nouvelle « humiliation » pour la démocratie espagnole, selon l’opposition
Ni gouvernement de coalition, ni le PSOE, n’ont commenté le retour de Carles Puigdemont mais le chef du principal parti d’opposition espagnol, le Parti populaire (PP/PPE), Alberto Nuñez Feijóo, a fustigé les scènes qui se sont déroulées à Barcelone, les qualifiant d’« humiliation insoutenable.»
« Il est pénible d’assister en direct à cette folie, dont Pedro Sanchez est le premier responsable. Il est impardonnable de nuire ainsi à l’image de l’Espagne », a commenté Alberto Nuñez Feijóo sur X.
Le secrétaire général du parti d’extrême droite Vox, troisième force du parlement espagnol, Ingacio Garriga, a accusé le Premier ministre Pedro Sánchez d’avoir permis que l’Espagne soit « humiliée » en tolérant un « rassemblement » de Carles Puigdemont à quelques mètres du parlement catalan sans qu’il soit arrêté.
« Nous avons été témoins d’une absurdité, d’une anomalie démocratique, de voir un criminel, un fugitif de la justice, qui a pu tenir un rassemblement à quelques mètres du parlement, devant la passivité du gouvernement de la nation, qui a montré une fois de plus qu’il piétine la fierté d’une patrie par intérêt personnel », a martelé Ignacio Garriga.
Mais tout indiquait ce jeudi après-midi que Carles Puigdemont avait réussi à « échapper » à la police, après son apparition fugace à Barcelone, se moquant une fois de plus de la justice.
C’est la deuxième fois que le leader du JxCat parvient à échapper à la police et à la justice.
Le 30 octobre 2017, peu après la tentative de sécession en Catalogne, le leader séparatiste avait fui l’Espagne de nuit, caché dans le coffre d’une voiture, grâce à l’aide d’un petit groupe de policiers régionaux sympathisants de la cause indépendantiste.