Carburants alternatifs : l’UE réfléchit à une stratégie
L’UE a besoin d’une stratégie à long terme sur les carburants alternatifs afin de décarboner son secteur des transports d’ici 2050, indique un projet de Livre blanc de la Commission européenne, consulté par EURACTIV.com.
L’UE a besoin d’une stratégie à long terme sur les carburants alternatifs afin de décarboner son secteur des transports d’ici 2050, indique un projet de Livre blanc de la Commission européenne, consulté par EURACTIV.com.
Les carburants alternatifs tendent généralement à être moins efficaces que le pétrole mais ils permettent de réduire les émissions de CO². Partant de ce constat, le prochain Livre blanc de la Commission européenne sur les transports, prévu pour décembre 2010, marquera le lancement d’une stratégie européenne sur la politique des transports pour la prochaine décennie.
Un projet, rédigé à la demande de la Commission par un groupe d’experts européens sur l’avenir des carburants pour les transports, a évalué les options dont dispose l’Europe pour substituer le pétrole dans le secteur du transport.
Quelles solutions?
Ce domaine dépend encore majoritairement du pétrole. Mais la projection d’une augmentation de la demande, et la volonté de réduire les émissions de gaz à effet de serre obligent à chercher des carburants alternatifs durables.
Le rapport cible en priorité deux solutions. Il propose soit le recours à l’électricité, via l’installation de batteries ou de piles à combustible et le développement de l’hydrogène, soit l’utilisation de biocarburants. Quant au gaz naturel et au bio méthane (biogaz), ils pourraient être un bon complément.
Entre temps, les carburants de synthèses assureraient la transition entre le pétrole et les carburants renouvelables. Le gaz de pétrole liquéfié (GPL) compléterait ce mixe énergétique avec une part de marché limité à 10%, précise le rapport.
« La demande d’énergie pour le transport, estimée pour les années à venir, ne pourra pas être satisfaite avec un seul type de carburant », précise le texte.
Selon le document, la principale option avancée pour compléter l’utilisation du pétrole pour les transports routier, l’aviation et le fret à longue distance d’ici 2050, sera l’utilisation de biocarburant à haute densité énergétique qui peut être distribué dans des infrastructures existantes.
Les véhicules électriques peuvent être un bon complément pour les trajets de courte distance, précise-t-il.
Evaluer les coûts
Les carburants alternatifs sont pour le moment, plus chers que l’essence. Selon le rapport, les voitures électriques et à hydrogène coûte encore beaucoup plus cher à l’achat. De plus elle nécessite d’importants investissements pour la construction d’infrastructures. Seules les voitures à méthane restent dans la même échelle de prix que les voitures diesel. Mais elles nécessitent aussi des aménagements coûteux.
Considérant les différentes infrastructures nécessaires pour les carburants disponibles, le rapport conclu que les combustibles fongibles et les biocarburants qui requièrent des infrastructures minimes, présentent un avantage sur les autres carburants alternatifs.
Appel à une stratégie politique
Dans le but de présenter un plan d’investissement cohérent pour l’environnement, les experts ont pressé l’UE de définir une stratégie à long terme afin de mettre en place un système de carburant alternatif pour le secteur du transport.
Une stratégie sur le long terme devrait se concentrer d’abord sur l’augmentation de l’efficacité énergétique dans les secteurs de l’utilisation finale des carburants standards et des technologies électriques, recommande le rapport.
Harmonisation des standards
Les experts appellent aussi à une harmonisation des normes dans l’utilisation des carburants en Europe. Cela permettrait de réaliser des « économies d’échelle pour le marché et assurerait une liberté de circulation des véhicules utilisant ces principaux carburants alternatifs ».
Ces propositions sont globalement soutenues par l’exécutif européen. La Commission prévoit notamment d’établir des mesures pour la commercialisation de ces carburants, la construction des infrastructures et le développement des normes communes pour les véhicules utilisant du carburant alternatif.
Ainsi d’ici à 2050, l’UE pourra pleinement répondre à la demande d’énergie du secteur des transports, à partir de ressources pauvre en émission de CO².
CALENDRIER
- Décembre 2010: Publication du Livre Blanc de la Commission sur les transports