Cancer : la Commission européenne veut créer une base de données d'imagerie commune aux 27
La Commission européenne a lancé lundi son initiative européenne en matière d'imagerie sur le cancer dans le but de créer une infrastructure numérique commune aux 27 pour faciliter le partage de données sur la maladie.
La Commission européenne a lancé lundi (23 janvier) son initiative européenne en matière d’imagerie sur le cancer dans le but de créer une infrastructure numérique commune aux 27 pour faciliter le partage de données sur la maladie.
“Les technologies numériques et l’intelligence artificielle jouent un rôle de plus en plus important dans la lutte contre le cancer”, a déclaré Thierry Breton, Commissaire européen au marché intérieur lors de l’événement de lancement de l‘initiative européenne d’imagerie sur le cancer, organisé par la Commission européenne elle-même.
Cette initiative vise à aider les professionnels de santé, via une infrastructure numérique, à intégrer des technologies de pointe dans le domaine de l’imagerie afin d’améliorer la détection et le traitement des cancers.
“L’intelligence artificielle offre encore un potentiel énorme et inexploité pour continuer à apporter des avantages considérables dans le domaine de la santé, notamment en ce qui concerne la détection, le traitement et les soins du cancer”, a déclaré lors de l’évènement la Commissaire à la santé Stella Kyriakides.
Si l’Europe dispose déjà de technologies de pointe en matière d’imagerie oncologique et de prise en charge des cancers, de la prévention au traitement de la maladie, des défis subsistent.
“Premièrement, les données sont fragmentées et éparpillées dans différentes bases de données et centres cliniques. Et deuxièmement, les données ne sont souvent pas facilement accessibles”, a souligné Thierry Breton.
La nouvelle initiative de la Commission a pour objectif de relever ce défi, en commençant par mettre à la disposition des chercheurs et des médecins européens une base de données commune regroupant des millions d’images.
Cela permettrait ainsi d’éviter le clivage entre les données entre les initiatives nationales et les initiatives européennes.
Faciliter l’accès à ces données serait également l’opportunité de faire des progrès dans le traitement du cancer.
En résumé, l’initiative vise à “utiliser ces données pour mettre au point des solutions numériques innovantes susceptibles de révolutionner le traitement du cancer”, a précisé Thierry Breton.
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Plan européen de lutte contre le cancer
L’initiative sur l’imagerie médicale en matière de cancer fait partie plus globalement du Plan européen de lutte contre le cancer, présenté en février 2021 par la Commission européenne.
Le Plan européen de lutte contre le cancer est doté d’un budget de 4 milliards d’euros répartis dans quatre domaines d’action spécifiques : la prévention, le diagnostic précoce, un meilleur accès aux traitements et l’amélioration de la qualité de vie pour les patients et les survivants.
En ce qui concerne la prévention, la Commission européenne a fixé des objectifs ambitieux : offrir un accès au dépistage du cancer du sein, du col de l’utérus et du cancer colorectal à 90 % des Européens éligibles.
Le plan met également l’accent sur un dépistage plus important des cancers du poumon, de l’estomac et de la prostate.
En effet, ces six types de cancer sont les plus fréquents : ils représentent à eux seuls plus de la moitié des cancers dans l’UE.
L’initiative européenne en matière d’imagerie du cancer permettrait non seulement d’améliorer la qualité des dépistages partout en Europe, mais aussi de mieux traiter la maladie.
En effet, l’initiative “fournira des ressources précieuses et des bibliothèques d’images aux acteurs du domaine clinique, de la recherche et de l’innovation”, a déclaré Stella Kyriakides.
Selon elle, un meilleur accès à l’information peut conduire au développement de la prochaine génération de diagnostics et de traitements du cancer.
“Si la technologie ne peut à elle seule venir à bout des disparités inacceptables qui subsistent dans l’UE en matière de dépistage, elle pourrait rendre ce dernier plus précis, plus opportun et plus accessible”, a conclu la Commissaire à la santé.
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Protection des données des patients
L’initiative de la Commission européenne va accroître l’échange de données numériques à l’échelle européenne, données qui contiennent notamment des informations parfois confidentielles – ou sensibles – concernant les patients.
Pour protéger les données des malades, mais aussi des chercheurs, et tenter de les rassurer, la Commission souhaite créer un “cadre de confiance”.
“L’infrastructure de données que nous créons sera ouverte, mais – et c’est important – ouverte selon nos conditions européennes”, a déclaré Thierry Breton.
En d’autres termes, dans le cas où une personne accepterait de partager ses données de santé, cela se ferait conformément au règlement général sur la protection des données (RGPD).
L’infrastructure numérique “sera conforme aux valeurs et aux règles de l’UE” et “garantira un niveau élevé de sécurité et de protection des données personnelles”, a promis M. Breton.
En 2020, le cancer a entraîné le décès de 1,3 million d’Européens, selon les dernières données de la Commission européenne.
Si aucune mesure efficace n’est mise en place, le nombre de cancer devrait augmenter de 25 % d’ici à 2035 et devenir la principale cause de décès dans l’UE, estimait le Plan européen de lutte contre le cancer en 2021.