Budget : les élus locaux répondent au gouvernement

Les associations d’élus locaux ont vivement réagi au rapport français, qui évoque une baisse « prioritaire » du budget de la politique régionale européenne après 2013.

EURACTIV.fr

Les associations d’élus locaux ont vivement réagi au rapport français, qui évoque une baisse « prioritaire » du budget de la politique régionale européenne après 2013.

«[Nous] avons pris connaissance avec inquiétude de la position des autorités françaises.» La lettre adressée à Bruno Le Maire, jeudi 3 mars, par cinq associations d’élus à propos de l’avenir de la politique de cohésion, va droit au but. Ils demandent au ministre de l’Amenagement du territoire de les recevoir «très prochainement» pour aborder le sujet.

Dans cette missive, le président de la Maison européenne des pouvoirs locaux français (MEPLF), Bruno Bourc-Broc, réagit au rapport de la France sur la future politique régionale. Le texte du gouvernement évoque «l’objectif prioritaire d’une baisse de la part du budget européen dédié à la politique de cohésion».

«Nous regrettons cette nouvelle orientation qui risque en effet de remettre en cause une politique qui a prouvé sa valeur ajoutée dans l’accompagnement et le développement économique et social au cours des vingt dernières années», écrit M. Bourg-Broc. 

Il demande au ministre d’organiser une «véritable concertation avec les associations d’élus» sur l’avenir de la politique régionale. Le président de la MEPLF veut notamment aborder, avec le ministre, «l’architecture générale du futur dispositif», «la dimension territoriale et urbaine de la future politique», ainsi que la création d’une catégorie de régions intermédiaires, réclamée par sept régions de France métropolitaine.

Position claire

La lettre de Bruno Bourg-Broc ne constitue pas la première réaction des élus au rapport français. A la mi-février déjà, le président de l’Association des régions de France (ARF), Alain Rousset, avait adressé une lettre similaire au Premier ministre, François Fillon. L’auteur s’y étonnait du «peu de soutien» de l’État français à la politique de cohésion.

«L’ARF regrette la position prise par l’État français dans le cadre de sa contribution à la consultation de la Commission européenne, d’une part en affichant pour objectif prioritaire une réduction de la part du budget européen consacré à la politique de cohésion, d’autre part en ne soutenant pas véritablement la proposition de créer une catégorie de régions intermédiaires», pouvait-on y lire.

Dans ce texte, le président de la région Aquitaine demandait au gouvernement de «prendre une position plus claire quant à l’avenir de cette politique», évoquant la nécessité d’un «budget ambitieux».