Budapest conclut un accord avec Belgrade et Moscou pour la construction d’un nouvel oléoduc

Cette annonce intervient alors que l'UE souhaite mettre fin aux importations de gaz russe d'ici 2027.

EURACTIV.com
[Russian Foreign Press Service/Handout/Anadolu via Getty Images]

Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, a annoncé avoir trouvé un accord avec ses « homologues serbes et russes » pour la construction d’un nouvel oléoduc, alors même que l’Union européenne (UE) s’apprête à exclure le Kremlin de son marché de l’énergie. 

Dans un message publié lundi sur les réseaux sociaux, Péter Szijjártó a reproché à l’UE de faire grimper les prix de l’énergie de « plusieurs fois » ceux pratiqués dans d’autres régions du monde, en raison des efforts continus de Bruxelles pour interdire les importations de combustibles fossiles russes.

« Cela n’a rien d’étonnant, puisque Bruxelles casse les liens énergétiques, interdit les sources d’énergie russes et bloque les voies d’approvisionnement », a souligné le Hongrois sur les réseaux sociaux.

Cet accord intervient alors l’UE cherche à mettre fin aux importations de gaz russe, qui, bien que s’étant considérablement réduites depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022, continuent de fournir des revenus considérables au Kremlin.

Les législateurs négocient actuellement une proposition visant à interdire complètement les importations de gaz russe d’ici 2027. Le négociateur en chef du Parlement européen pousse également pour étendre cette interdiction au pétrole acheminé par pipeline.

L’annonce de Budapest est intervenue après une vidéoconférence entre Péter Szijjártó, le vice-ministre russe de l’Énergie Pavel Sorokin et la ministre serbe de l’Énergie Dubravka Đedović, a rapporté l’agence de presse contrôlée par l’État MTI.

Le gazoduc en question pourrait être opérationnel dès 2027, selon MTI, bien que peu de détails aient été fournis sur la nature de l’accord conclu avec Moscou et Belgrade.

Dans une vidéo, Péter Szijjártó a réitéré ses critiques à l’égard de la politique énergétique de l’UE, alors que le gouvernement du Premier ministre Viktor Orbán a depuis longtemps fait du plafonnement des factures énergétiques un élément clé de sa campagne électorale.

« Nous construirons des gazoducs et ouvrirons de nouvelles sources d’approvisionnement, afin de maintenir les factures énergétiques les plus basses d’Europe pour le peuple hongrois », a déclaré Péter Szijjártó.

Selon des statistiques récentes, les ménages hongrois ont les factures de gaz les plus basses de l’UE, avec 3,20 € pour 100 kWh, contre 16,71 € aux Pays-Bas et 18,93 € en Suède.

La Hongrie et la Slovaquie ont à plusieurs reprises bloqué les tentatives de l’UE d’imposer des sanctions économiques sur le pétrole et le gaz russes, qui requièrent l’unanimité des 27 États membres de l’UE.

Le paquet REPowerEU actuellement en cours de négociation entre les gouvernements et le Parlement européen ne nécessiterait cependant qu’une majorité qualifiée pour être adopté.