Bruxelles s'attèle au renforcement de la sécurité aérienne

La Commission européenne proposera de nouvelles mesures de sécurité aérienne suite au crash de l’avion de Germanwings, a déclaré un haut responsable de l'UE le 27 mars. 

EURACTIV.com
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La Commission européenne proposera de nouvelles mesures de sécurité aérienne suite au crash de l’avion de Germanwings, a déclaré un haut responsable de l’UE le 27 mars. 

La Commission veut instaurer une règle garantissant la présence constante de deux personnes dans le cockpit durant toute la durée des vols, a expliqué un fonctionnaire de l’UE. Selon lui, la seconde personne ne devrait pas forcément être un pilote, mais pourrait être un membre de l’équipage. L’Association de l’aviation allemande (BDL) vient d’introduire cette nouvelle règle.

L’annonce de la Commission intervient quelques jour après le crash dans les Alpes d’un avion reliant Barcelone à Dusseldorf avec 144 passagers à bord, ne laissant aucun survivant. Des enquêtes préliminaires ont permis de découvrir que le copilote, Andreas Lubitz, aurait volontairement fait s’écraser l’avion après avoir enfermé le pilote à l’extérieur du cockpit.

Deux personnes dans le cockpit

L’exécutif de l’UE attend les résultats de l’enquête qui révélera les causes du crash avant de mettre en place de nouvelles mesures. La nouvelle proposition pourrait prendre la forme d’une recommandation non contraignante ou d’un acte juridique dans le cadre de la directive de Navigabilité (AD), a précisé la Commission.

Cette directive contient des recommandations pour changer les avions qui présentent des problèmes de sécurité. Elles sont émises par l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA), qui est responsable de l’élaboration et de la surveillance des règles de sécurité aérienne. Les États membres doivent quant à eux s’assurer que les règles de l’EASA sont correctement appliquées. Outre les recommandations de l’EASA, les compagnies aériennes nationales peuvent d’elles-mêmes adopter des règles plus strictes tant qu’elles ne vont pas à l’encontre de la loi européenne, a expliqué la Commission.

>> Lire : Interrogations sur la règlementation européenne après le crash de Germanwings

Le 27 mars, l’Agence européenne de sécurité aérienne a recommandé la présence constante d’au moins deux personnes dans le cockpit, dont au moins un pilote qualifié.

« Les compagnies aériennes devraient réévaluer les risques de sécurité associés au fait qu’un membre de l’équipage quitte le cockpit pour des raisons opérationnelles ou physiologiques », indique l’Agence sur son site Internet.

Règles post-11 septembre

Après les attaques terroristes du 11 septembre, l’UE avait considérablement renforcé ses exigences de sécurité aérienne.

De nouvelles règles mise en oeuvre obligeaient tout avion transportant un certain nombre de passagers à verrouiller la porte du cockpit, a rappelé le fonctionnaire de l’UE. Une mesure qui a permis de réduire les détournements d’avion et les accidents, mais qui a aussi empêché le pilote du vol de Germanwings d’entrer dans le cockpit.

Les pilotes présentant des antécédents médicaux, notamment des troubles mentaux, ne sont pas autorisés à piloter, souligne en outre l’exécutif. Les règles de l’EASA obligent en effet les pilotes à se soumettre à des examens médicaux, y compris des tests psychiatriques et psychologiques, une fois par an. À partir d’un certain âge, de tels contrôles médicaux ont lieu tous les six mois. Après la consultation, le médecin décide si l’état de santé de la personne lui permet de piloter ou non.

Outre les examens médicaux, les membres de l’équipage peuvent déclarer aux autorités nationales tout incident mineur en vol ou refuser de voler s’ils ne se sentent pas bien.

Les nouvelles mesures de la Commission pourraient inclure des examens médicaux plus poussés.

Les pilotes de l’Association européenne se sont dits « profondément perturbés par la tournure de l’enquête sur le crash tragique du vol Germanwings ».

« C’est une journée très difficile pour nous, professionnels de confiance, qui mettons nos vies au service de la sécurité aérienne », a déclaré Philip von Schöppenthau, secrétaire général de l’Association européenne des pilotes. Selon lui, les pilotes « sont déterminés à travailler avec les fabricants, les techniciens et les autorités pour améliorer la sécurité ».

« Même si cet accident est un évènement isolé et extraordinaire, nous nous engageons à apporter des améliorations pour assurer que les vols soient encore plus sûrs qu’ils ne l’ont jamais été ».