Bruxelles regrette de ne plus pouvoir embaucher de « génies »

  En dépit des conditions de travail et des salaires attractifs, la Commission européenne ne parvient pas à recruter des employés autant qualifiés que les grandes multinationales.

EURACTIV.com
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En dépit des conditions de travail et des salaires attractifs, la Commission européenne ne parvient pas à recruter des employés autant qualifiés que les grandes multinationales.

Maroš Šef?ovi?, le vice-président de la Commission européenne en charge de l'administration, a avoué hier (10 mai) que l'exécutif de l'UE rencontrait des difficultés à recruter du personnel de talent pour les fonctions d'encadrement intermédiaire.

Lors d'un événement organisé par le European Policy Centre (EPC), un groupe de réflexion bruxellois, M. Šef?ovi? a souligné le peu d'intérêt pour le travail dans les institutions que témoignaient les travailleurs d'« économies à salaires élevés » comme la Grande-Bretagne, le Luxembourg, les Pays-Bas ou le Danemark.

Le responsable de l'administration à la Commission a déclaré qu'il souhaitait que les personnes les plus qualifiées travaillent à l'exécutif européen, mais qu'il était très difficile d'entrer en concurrence avec les grandes entreprises privées.

« Nous recherchons les meilleurs […], le même type de personnes que celles qui peuvent devenir des banquiers, des économistes, des avocats ou des consultants de renom », a-t-il expliqué.

Lorsque l'UE a dû défendre ses intérêts lors d'affaires de concurrence contre des multinationales, l'exécutif européen s'est trouvé confronté à des opposants hautement qualifiés et très motivés, a-t-il affirmé.

« Pour se défendre, un géant de l'industrie peut clairement se le permettre. Ils sont généralement représentés par les partenaires de ces entreprises dont le salaire atteint facilement un million d'euros par an. Et bien entendu, ils reçoivent en plus des bonus. »

« Les fonctionnaires de l'UE n'ont rien de tout cela, ils travaillent juste pour leur salaire », a-t-il ajouté.

En réalité, M. Šef?ovi? n'a pas plaidé en faveur d'une augmentation du salaire des fonctionnaires européens, bien au contraire. Il a déclaré qu'en temps de crise, la Commission avait le devoir de se montrer solidaire avec les citoyens de l'Europe et qu'il avait proposé une baisse de 5 % du nombre d'employés pour toutes les institutions et agences. Le temps de travail sera par ailleurs accru à 40 heures par semaine, dans le but de réaliser des « économies significatives ».

Le principal message de M. Šef?ovi? est que les fonctionnaires de l'UE ne coûtent pas très cher aux contribuables européens, alors que leur contribution est très importante.

Quelque 56 000 fonctionnaires travaillent pour l'UE, 30 000 d'entre eux étant employés par la Commission européenne. Environ 18 000 personnes supplémentaires sont employées par d'autres institutions et 8000 pour les agences de l'UE partout en Europe, a-t-il expliqué.

Il a comparé ces chiffres avec le personnel de la fonction publique dans les Etats membres de l'Union. Le Royaume-Uni, le pays où la presse eurosceptique fustige souvent la largesse des institutions de l'Union européenne, compterait 444 000 fonctionnaires, dont 100 000 rien que pour le département du travail et des retraites.

En comparaison, le nombre des fonctionnaires de la Commission européenne est similaire à celui de l'administration de la ville de Paris, a-t-il martelé.

L'UE ne devrait pas se montrer arrogante

EURACTIV a demandé au commissaire à l'administration de commenter le coût élevé de certains bâtiments de l'UE, comme l'« œuf de Van Rompuy » qui avait choqué le premier ministre britannique, David Cameron.

Le vice-président de la Commission a affirmé qu'il n'était pas en charge de ce bâtiment et qu'il ne manquerait pas de faire passer le message aux personnes responsables (le nouveau bâtiment du Conseil européen avait été approuvé avant la nomination de M. Van Rompuy).

« L'UE ne devrait pas se montrer arrogante », a-t-il affirmé.

Il a reconnu qu'il était très peu probable que la Commission élabore des projets ambitieux en vue de la construction de nouveaux bâtiments, ce qui laisserait entendre qu'elle aurait abandonné l'idée d'un « ravalement de façade spectaculaire » du quartier européen.

Outre la rénovation du bâtiment de la DG Agriculture en mauvais état, « vous ne verrez rien d'autre » en termes de projets architecturaux, a-t-il promis.