Bruxelles refuse de confirmer que le Groenland est couvert par la clause de défense de l’UE alors que Trump intensifie ses menaces d’annexion

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a refusé mercredi 14 janvier de confirmer que le Groenland serait couvert par la clause de défense mutuelle de l’Union européenne, alors que le président américain Donald Trump intensifie ses menaces de prise de contrôle du territoire danois semi-autonome.

EURACTIV.com
Traditional Greenlandic Houses Seen in Nuuk, Greenland
NUUK, GREENLAND - JAN 12: A view shows traditional Greenlandic houses seen in near-dark conditions in Nuuk, Greenland, on January 12, 2026. General views of the capital were captured during the Arctic winter, when daylight is limited and the city remains largely in darkness. (Photo by Lokman Vural Elibol/Anadolu via Getty Images)

Le Groenland, bien qu’appartenant au royaume du Danemark, ne fait pas officiellement partie de l’Union européenne.

Interrogée sur l’éventuelle application de l’article 42.7 du traité sur l’Union européenne — qui impose aux États membres de l’UE de fournir « aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir » à un autre États du bloc faisant « l’objet d’une agression armée » — Ursula von der Leyen a éludé la question.

« Il y a beaucoup de spéculations sur ce qui devrait être fait, ce qui pourrait être fait, ce qui peut être fait », a-t-elle déclaré aux journalistes.

Cette prudence tranche avec les déclarations faites quelques jours plus tôt par le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius, qui avait affirmé que la clause de défense mutuelle de l’UE s’appliquerait « sans aucun doute » en cas d’attaque américaine contre le Groenland.

Les propos d’Ursula von der Leyen interviennent également alors que Donald Trump a de nouveau affirmé mercredi que les États-Unis « ont besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale ». Une position largement contestée par de nombreux experts militaires, qui rappellent que l’île fait déjà partie de l’OTAN et que l’armée américaine y dispose d’un accès quasi illimité.

L’article 5 de l’OTAN, qui reflète l’article 42.7 de l’UE, prévoit qu’une attaque armée contre un membre de l’alliance militaire dirigée par les États-Unis « sera considérée comme une attaque contre tous ». Toutefois, le traité ne prévoit pas explicitement le scénario dans lequel un allié de l’OTAN attaquerait un autre membre.

« L’OTAN devient beaucoup plus redoutable et efficace avec le Groenland entre les mains des États-Unis », a écrit Donald Trump sur son réseau social Truth Social. « Tout autre scénario est inacceptable. »

Par ailleurs, Ursula von der Leyen a déclaré mercredi que la sécurité de l’Arctique était « sans aucun doute » une question qui concernait aussi bien l’UE que l’OTAN, et que Bruxelles avait « intensifié » son engagement auprès de Nuuk ces dernières années.

« Il est important que les Groenlandais sachent, et ils le savent par les actes, pas seulement par les paroles, que nous respectons leurs souhaits et leurs intérêts, et qu’ils peuvent compter sur nous », a-t-elle insisté.

Plusieurs sondages montrent que la grande majorité des Groenlandais souhaitent que leur île soit indépendante du Danemark et des États-Unis. Cependant, le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a affirmé mardi que si son pays devait « choisir entre les États-Unis et le Danemark ici et maintenant », il choisirait le Danemark, l’OTAN, et l’UE.

Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, et son homologue groenlandaise, Vivian Motzfeldt, doivent rencontrer le vice-président américain JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio à Washington cette après-midi.

La chaîne de télévision danoise DR a également rapporté mercredi que Copenhague envoyait actuellement du matériel militaire et des troupes au Groenland, sans fournir de détails spécifiques.