Bruxelles juge que le secteur des bâtiments peut faire d’importantes économies d’énergie
Après plusieurs mois de retard, le nouveau plan européen sur l’efficacité énergétique devrait être présenté avant la fin de l’année.
Après plusieurs mois de retard, le nouveau plan européen sur l’efficacité énergétique devrait être présenté avant la fin de l’année.
Les bâtiments seront au centre du nouveau plan européen sur l’efficacité énergétique, que la Commission européenne prévoit de présenter d’ici la fin de l’année, a expliqué le commissaire à l’Energie Gunther Oettinger. Après une réunion informelle des ministres européens de l’Energie, mardi 7 septembre, il a déclaré aux journalistes qu’il révélerait cette année le plan d’action sur l’efficacité énergétique. Ce texte devait déjà être à l’agenda de la précédente Commission.
Pour atteindre les objectifs de l’UE de porter à 20% les économies d’énergie d’ici 2020, l’Union devra tout d’abord s’accorder sur la contribution de chaque État membre et de chaque secteur, a expliqué M. Oettinger.
Lors de leur discussion avec le commissaire, les ministres ont évoqué plusieurs secteurs d’activité potentiellement économes en énergie. Selon eux, le secteur des bâtiments devrait être le plus gros contributeur en la matière, a déclaré le commissaire.
« Dans le domaine de l’efficacité énergétique, il y a toujours de nombreux objectifs à atteindre et il y a même, encore, des objectifs à fixer », a précisé Freya Van den Bossche, la ministre de l’Energie du gouvernement flamand, qui a présidé le débat. L’UE n’atteindra pas ses objectifs pour 2020 sans prendre de nouvelles initiatives, a-t-elle jugé.
Ces nouvelles mesures pourraient inclure des objectifs juridiquement contraignants pour chaque État membre, à la manière de la directive sur les énergies renouvelables. Mais de telles obligations ne devraient pas être intégrées dans le projet de plan. M. Oettinger a précisé qu’il ne proposerait des objectifs contraignants que si ceux de l’UE se révélaient insuffisants dans les prochaines années.
Les ministres ont identifié l’innovation technologique et le plan stratégique pour les technologies énergétiques (plan SET) comme des éléments-clés pour devenir les leaders mondiaux de la technologie. Ils ont également mentionné un réseau de villes intelligentes, déjà identifié dans le précédent plan d’action, comme étant une possibilité pour ouvrir la voie à de nouvelles technologies.
Des travaux intensifs à la Commission
Le commissaire a déclaré que sa direction allait réaliser un travail important, dans les prochains mois, afin de préparer l’examen des projets, lors d’une réunion consacrée à l’énergie, le 4 février.
L’un des projets sera le nouveau paquet de législations sur les infrastructures énergétiques, sur lequel la Commission planche actuellement. Il devrait devenir « de plus en plus concret dans les prochains semaines », a déclaré M.Oettinger.
Les ministres ont également débattu du financement des investissements dans les nouvelles infrastructures de réseaux, les interconnexions et les réseaux intelligents (smart grids) qui sont nécessaires pour développer un réseau moderne à l’échelle européenne.
« Il est essentiel que nous travaillions en coopération rapprochée avec notre industrie et les institutions financières afin de faire les investissements nécessaires », a expliqué Paul Magnette, le ministre belge du Climat et de l’énergie.
Les ministres ont aussi appelé à une plus grande harmonisation de la planification et des procédures d’autorisation, afin de réaliser des projets d’infrastructures plus attractifs pour les investisseurs privés, a-t-il ajouté.
POSITIONS
Une coalition de 19 entreprises environnementales et sociales et d’ONG ont exhorté les ministres de l’Energie d’intensifier les efforts de l’Europe pour diviser par trois le gaspillage de l’énergie.
Avant la réunion ministérielle informelle, ils ont rencontré Paul Magnette, le ministre belge en charge du Climat et de l’énergie, pour exprimer leurs inquiétudes. Ils craignent que l’UE ne rate ses objectifs d’efficacité et les bénéfices qui en découlent, sans un engagement politique de haut niveau.
« Il est nécessaire d’avoir des mécanismes de distribution et des schémas financiers additionnels et mieux adaptés, une plus grande formation professionnelle et de l’information du public, la mise en œuvre et l’application des instruments politiques existants et futurs appropriées et l’adoption de certains des objectifs contraignants », ont-ils souligné dans un communiqué.
« Une plus grande priorité politique aux mesures d’efficacité énergétique est essentielle si l’UE a une chance d’atteindre son objectif de 20% d’économie d’énergie d’ici à 2020. Le résultat sera des factures d’énergie pour les consommateurs – avec des économies potentielles pouvant aller jusqu’à 78 milliards d’euros chaque année, la production de millions d’emplois de qualité et une formidable impulsion à l’innovation dans les industries à faible émission de carbone et les services », a déclaré Tony Long, le directeur du bureau européen du WWF.
Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) a souligné la nécessité de concevoir des politiques d’efficacité énergétique afin de ne pas exclure les groupes vulnérables de la possibilité d’économiser de l’énergie.
Dans son intervention lors de la réunion informelle, la directrice générale de cette association, Monique Goyens, a déploré que les initiatives européennes visant la promotion des intérêts des consommateurs en matière d’énergie ne leur apportent pas de bénéfices concrets. Elle a affirmé que les fournisseurs d’électricité devaient envoyer des factures compréhensibles et transparentes à leurs clients afin qu’ils puissent faire des économies d’énergie.
CALENDRIER
Fin 2010 : présentation par la Commission du nouveau plan d’action sur l’efficacité énergétique.
4 février 2011 : réunion consacrée à l’énergie
D’ici 2020 : l’UE doit être plus économe de 20% en matière d’énergie.