Bruxelles et Paris s’affrontent sur les matières premières
La Commission cherche «des preuves» pour établir un lien entre fluctuation des cours agricoles et spéculation.
La Commission cherche «des preuves» pour établir un lien entre fluctuation des cours agricoles et spéculation.
La Commission européenne n’est pas encore certaine de pouvoir expliquer la volatilité des cours agricoles. C’est par cette affirmation que Bruxelles a répondu, mardi 25 janvier, aux vertes critiques de Nicolas Sarkozy, exprimée la veille.
Interrogé sur un future étude de l’exécutif bruxellois, qui concluerait notamment que la spéculation n’a pas de lien direct avec la hausse des prix des matières premières, le président français avait ironisé : «Je recommanderais une date pour la publier : le 1er avril.»
«Nous n’avons aucun doute qu’il y a des liens entre les marchés physiques et les marchés financiers. Personne ne le conteste», a rétorqué un porte-parole de l’exécutif bruxellois.
Mais «derrière ce simple constat, nous devons regarder des questions plus précises», a-t-il poursuivi. Il a notamment affirmé que Bruxelles devait examiner des données permettant de mieux comprendre le fonctionnement des marchés financiers.
Il a cité «plusieurs hypothèses» pouvant expliquer la fluctuation des cours agricoles. «Est-ce en raison de l’accroissement de la pression de la demande? Est-ce un poids excessif de certains investissements voire de spéculations?», s’est interrogé le porte-parole. Il a affirmé que ces hypothèses n’étaient, pour l’instant, pas étayées par des «preuves». Mais a promis que l’exécutif bruxellois continuait à travailler sur le sujet.
Le document, qui prendra la forme d’une communication sur les matières premières et les produits de base, devait être publié mercredi 26 janvier. Mais la Commission a finalement annoncé son report sine die.