Bruxelles espère accueillir Volodymyr Zelensky pour une visite symbolique

Une semaine après avoir accueilli à Kiev les représentants des institutions européennes, le président Volodymyr Zelensky est espéré jeudi à Bruxelles pour un sommet avec les dirigeants de l’UE dont la portée serait essentiellement symbolique.

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S’il décide finalement de venir, le sommet de Bruxelles lui offrirait une tribune pour appeler les Européens à fournir davantage d’armes. [SHUTTERSTICK/Alexandros Michailidis]

Une semaine après avoir accueilli à Kiev les représentants des institutions européennes, le président Volodymyr Zelensky est espéré jeudi (9 février) à Bruxelles pour un sommet avec les dirigeants de l’UE dont la portée serait essentiellement symbolique.

Donnée par certains comme « probable », la venue du dirigeant ukrainien est loin d’être acquise.

Le président du Conseil européen Charles Michel a fait savoir lundi (6 février) qu’il avait invité Volodymyr Zelensky « à participer en personne à un futur sommet ». « Cela pourrait être ce jeudi », a-t-on expliqué au Conseil. Toutefois, « rien n’est bouclé ».

Pour son premier déplacement à l’étranger depuis le début de l’invasion de son pays par la Russie il y a près d’un an, Volodymyr Zelensky avait choisi Washington où il a été accueilli en héros en décembre.

Charles Michel tenait à l’inviter à Bruxelles. Mais l’initiative, si peu de temps après le voyage des chefs de l’UE à Kiev, irrite dans certaines capitales. Des diplomates le soupçonnent de vouloir se mettre en valeur par rapport à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avec qui les relations sont mauvaises.

« Quel est l’objectif d’une telle visite après la réunion à Kiev ? », interroge un diplomate. « Est-ce une bonne idée ? », se demande un autre.

Le secret qui devait entourer le déplacement a été brisé lundi par le Parlement européen, ce qui pourrait entraîner son annulation pour des raisons de sécurité.

L’information a fuité après une réunion entre la présidente Roberta Metsola et les chefs des groupes parlementaires au sujet des préparations d’une session plénière extraordinaire jeudi en présence de Volodymyr Zelensky.

S’il décide finalement de venir, le sommet de Bruxelles lui offrirait une tribune pour appeler les Européens à fournir davantage d’armes.

Succès des troupes russes

Les forces russes revendiquent « un succès » de leur offensive dans l’Est et les Ukrainiens s’attendent à un nouvel assaut aux alentours du 24 février, date du début de l’invasion ordonnée par le président Vladimir Poutine.

À Washington, Volodymyr Zelensky avait obtenu du président américain Joe Biden la fourniture du système de défense Patriot pour contrer les attaques aériennes et les tirs de missiles russes.

Il est peu probable qu’il obtienne des annonces aussi concrètes à Bruxelles. Les Européens viennent d’accepter de fournir des chars et forment à marche forcée des unités ukrainiennes.

Une nouvelle réunion du groupe Ramstein pour les fournitures d’armements est prévue le 14 février en marge d’une réunion des ministres de la Défense de l’OTAN. Mais les demandes de missiles et d’avions formulées par l’Ukraine sont une ligne rouge que peu d’Européens sont prêts à franchir.

Moscou a mis en garde les alliés contre un accroissement de leur aide militaire et tente de les diviser. « De telles mesures entraînent les pays de l’OTAN dans le conflit et peuvent conduire à un niveau imprévisible d’escalade », a averti mardi le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou.

S’il peut participer au sommet européen, le président Zelensky devrait centrer son message sur trois sujets : « l’adhésion de son pays à l’UE, les chars et les sanctions contre la Russie », estime Bruno Lete du German Marshall Fund.

La réponse européenne sera sans doute jugée décevante. « Le point n’est pas de s’engager sur de nouvelles fournitures d’armes, mais de livrer celles qui ont été promises et d’être en mesure de les utiliser », insiste un responsable européen.

Dans le projet de conclusions du sommet obtenu par l’AFP, les dirigeants européens rappellent que leur soutien financier à Kiev totalise 67 milliards d’euros et qu’ils viennent de débloquer une septième tranche d’aide militaire de 500 millions d’euros.

Ils « saluent les efforts de réforme de l’Ukraine en ces temps difficiles » et réaffirment que « l’Union européenne continuera d’apporter un soutien politique, économique, militaire, financier et humanitaire fort à l’Ukraine et à son peuple aussi longtemps qu’il le faudra ».