Bruxelles dévoile son programme d’innovation pour des « villes intelligentes »
La Commission européenne a annoncé un nouveau programme de partenariat pour l’innovation de 365 millions d’euros par an. Ce programme vise à encourager le développement des technologies « intelligentes » dans les villes, ont déclaré à la presse des fonctionnaires de l’UE réunis mardi (10 juillet).
La Commission européenne a annoncé un nouveau programme de partenariat pour l’innovation de 365 millions d’euros par an. Ce programme vise à encourager le développement des technologies « intelligentes » dans les villes, ont déclaré à la presse des fonctionnaires de l’UE réunis mardi (10 juillet).
Quelque 365 millions d’euros tirés des fonds de l’UE ont été alloués au développement des technologies urbaines pour 2013.
Le partenariat européen pour l’innovation (EIP) permettra aux entreprises privées et à l’exécutif européen de combiner leurs recherches sur l’énergie, les transports et les TIC dans le but de développer un nombre limité de projets approuvés.
Les projets sélectionnés pourraient inclure des bus urbains électriques et silencieux qui utiliseraient la technologie numérique, la technologie satellite visant à améliorer le trafic routier, une application smartphone pour réserver des véhicules de location au biocarburant et des points de recharge rapides pour les voitures électriques.
La communication de l’UE sur ce programme a qualifié l’amélioration de l’efficacité et du développement durable dans les villes européennes d’engagement essentiel pour les objectifs à l’horizon 2020. Les zones urbaines consomment en effet 70 % de l’énergie européenne, et environ 1 % du PIB de l’Union est consacré à la gestion du trafic routier.
Recherche et innovation
Le vice-président de la Commission européenne Siim Kallas, en charge des transports, a appelé au développement de la recherche et de l’innovation urbaines. « Les villes européennes sont particulièrement touchées par les accidents de la route, les embouteillages, la mauvaise qualité de l’air et le bruit » par rapport aux zones rurales.
Neelie Kroes, vice-présidente de la Commission responsable de la stratégie numérique, a également évoqué des « capteurs minuscules qui récoltent l’énergie de l’environnement et agissent sur nos vêtements, nos voitures, les rues et le monde qui nous entoure ». « Ce n’est pas de la science-fiction », a-t-elle ajouté.
Mme Kroes a expliqué que dans le cadre du partenariat pour des villes intelligentes, « la plupart des villes font pâle figure » pour le moment. Elle a souligné l’intention de la Commission de faciliter le trafic routier, réduire les émissions et le gaspillage énergétique.
« Une ville intelligente, c’est une ville verte », a-t-elle affirmé avant d’ajouter qu’il fallait progresser pour réduire l’empreinte environnementale des TIC, qui selon elles sont responsables de 8 à 10 % de la consommation d’électricité.
Cette initiative pour des villes intelligentes coïncide avec la volonté de la Commission de promouvoir l’innovation, notamment via un programme pour les « technologies émergentes et futures » qui allouerait 1 milliard d’euros de fonds en dix ans. Parmi les projets envisagés se trouvent les robots « esclaves » domestiques et les nanomatériaux sensibles aux variations des comportements du corps humain.
Rome ne s’est pas faite en un jour
Mme Kroes a précisé que l’introduction de nouvelles technologies dans les villes pourrait prendre du temps en raison de « la lutte entre les intérêts particuliers et la difficulté de faire tomber les obstacles » dans des secteurs comme les TIC, les transports, l’énergie, la santé et la gestion des déchets.
Les entreprises se sont parfois montrées réticentes ou ne pouvaient pas se permettre de prendre de grands risques en remaniant leurs systèmes actuels, a-t-elle déclaré.
La communication de la Commission sur l’EIP indique également que l’Europe dispose de ressources limitées pour l’expérimentation et souligne qu’elle favorisera les projets les plus rentables.
Cela implique, selon ce document de réinvestir dans les infrastructures existantes et de leur attribuer diverses utilisations, dans la mesure ou les systèmes actuels sont susceptibles d’être obsolètes ou superflus avec les nouvelles technologies qui se développeront dans les années à venir.