Bruxelles dame le pion à Strasbourg pour la session de rentrée du Parlement européen
Prévue à Strasbourg le 1er septembre, la session plénière du Parlement européen se tiendra finalement à Bruxelles. Motif de ce déménagement forcé : l’effondrement, le 7 août 2008, d’une partie du plafond de l’hémicycle strasbourgeois. Cet incident relance les polémiques relatives à l’intérêt d’un siège unique pour le Parlement européen.
Prévue à Strasbourg le 1er septembre, la session plénière du Parlement européen se tiendra finalement à Bruxelles. Motif de ce déménagement forcé : l’effondrement, le 7 août 2008, d’une partie du plafond de l’hémicycle strasbourgeois. Cet incident relance les polémiques relatives à l’intérêt d’un siège unique pour le Parlement européen.
La chute d’une partie du plafond de l’hémicycle européen de Strasbourg est un évènement dont la Présidence française de l’UE se serait volontiers dispensée. Pour preuve, le peu d’empressement du Parlement européen et du ministère des affaires étrangères à communiquer sur l’évènement.
Le plafond s’est effondré le 7 août, mais la nouvelle n’a été rendue publique que le 12 par le site Internet d’actualité Strastv.com. La réaction du gouvernement est intervenue le 13 août ,par la voix du secrétaire d’État aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, déclarant que le ministère des Affaires étrangères se tenait à la disponibilité du Parlement européen «pour faciliter les travaux de remise en état ainsi que toutes les vérifications de sécurité nécessaires.»
Jugés prioritaires par la municipalité de Strasbourg, les travaux de réfection du bâtiment ne seront pourtant pas terminés pour l’ouverture de la session plénière de rentrée. «La prochaine session plénière du Parlement européen en date du 22 septembre 2008 se tiendra à Strasbourg à 99%», indique-t-on néanmoins au service de presse du Parlement.
Au moment où la France défend âprement le maintien du siège officiel du Parlement européen à Strasbourg, cet incident relance le débat. De quoi réjouir les organisateurs de la pétition en ligne Oneseat campaign, fer de lance du mouvement anti-Strasbourg, qui revendique près de 1,3 million de signatures.
Malgré les dispositions communautaires relatives aux sièges des institutions européennes, de nombreux responsables politiques militent également en faveur d’un siège unique basé à Bruxelles.
Les critiques portent avant tout sur les coûts (économiques, écologiques)occasionnés par les déplacements entre les capitales alsacienne et belge. De plus, certains députés européens insistent sur l’intérêt de fixer dans une même ville le siège de trois grandes institutions communautaires – Parlement, Conseil européen, Commission – la Cour de justice ayant son siège à Luxembourg.
A titre d’exemple, la déclaration du 26 avril 2006 du député allemand, Alexander Alvaro, proposait que l’ensemble des sessions du Parlement européen se déroulent à Bruxelles et qu’en contrepartie, les réunions du Conseil européen se tiennent à Strasbourg. La vice-présidente de la Commission européenne, Margöt Wallstrom, s’est également interrogée à plusieurs reprises sur la pérennité du siège strasbourgeois, qualifié de «symbole négatif.» (EURACTIV 07/09/2006).
A l’inverse, certains mouvements s’organisent pour défendre le siège officiel du Parlement européen. C’est notamment le cheval de bataille de Troy Davis, Secretaire général de la campagne pour le Parlement européen à Strasbourg. Selon lui, «la question du plafond de l’hémicycle ne doit pas être instrumentalisée par les opposants au siège officiel du Parlement européen. Le transfert du siège du Parlement européen de Strasbourg à Bruxelles renforcerait la centralisation de l’Europe et irait à l’encontre d’une Europe citoyenne. Tout comme le multilinguisme, la démocratie à un coût : il faut défendre une Europe polycentrique et multilingue.»
En l’état actuel du droit, toute décision de modification du siège des institutions revient aux chefs d’État et de gouvernement statuant à l’unanimité.