Bruxelles cherche un indicateur alternatif au PIB
La Commission européenne a publié une feuille de route pour le développement de nouveaux indicateurs environnementaux et sociaux afin de mesurer la prospérité et le bien-être réels des États, au-delà du traditionnel Produit intérieur brut (PIB). Ces réflexions pourraient influencer les objectifs stratégiques de la Stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi d’après 2010.
La Commission européenne a publié une feuille de route pour le développement de nouveaux indicateurs environnementaux et sociaux afin de mesurer la prospérité et le bien-être réels des États, au-delà du traditionnel Produit intérieur brut (PIB). Ces réflexions pourraient influencer les objectifs stratégiques de la Stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi d’après 2010.
La croissance du PIB est le principal indicateur pour mesurer l’effectivité des plans de relance lancés l’année dernière afin de restaurer la croissance économique.
Cependant, il existe des arguments pour compléter le PIB avec des statistiques couvrant les autres questions économiques, sociales et environnementales dont dépend de manière critique le bien-être des populations, selon une communication de la Commission intitulée « Le PIB et au-delà – Mesurer le progrès dans un monde en mutation », adoptée le 20 août.
Cette proposition fait suite à une conférence de la Commission en 2007, qui a révélé le fort soutien de la part des décideurs politiques, des experts économiques, sociaux et environnementaux et de la société civile pour le développement de tels indicateurs pour compléter le PIB (EURACTIV.com 20/11/07).
Le document identifie des actions à entreprendre pour développer des indicateurs plus inclusifs. Il sera présenté officiellement le 8 septembre.
Selon l’exécutif européen, la réflexion pourrait aussi contribuer à mettre en place de nouveaux objectifs stratégiques pour la Stratégie de Lisbonne d’après 2010.
Ce système inclurait l’inventaire des ressources naturelles et du capital humain et social, plutôt que la seule utilisation de ces ressources. Il se concentrerait également sur le rôle des écosystèmes en matière de contribution au bien-être, a déclaré la Commission en annonçant cette initiative en 2007.
Parmi les cinq premières initiatives prévues par l’Exécutif européen se trouvent le développement d’un indice environnemental détaillé et l’amélioration des indicateurs relatifs à la qualité de vie afin de compléter le PIB.
L’indice de pression environnementale sera prêt dès 2010
Les empreintes écologique et de carbone sont de proches candidats pour développer des indicateurs pour un indice environnemental détaillé visant à compléter le PIB, selon la Commission. Mais elle souligne que ces deux indices sont limités en termes de portée, puisque l’empreinte carbone prend seulement en compte les émissions de gaz à effet de serre et que l’empreinte écologique exclut les impacts sur l’eau, par exemple.
La version pilote d’un indice pour mesurer la pollution et d’autres impacts environnementaux sur le territoire de l’UE doit être publiée en 2010. Elle aidera à examiner les résultats des efforts de protection de l’environnement dans les domaines suivants :
- changement climatique et utilisation énergétique ;
- nature et biodiversité ;
- pollution de l’air et impacts sur la santé ;
- utilisation et pollution de l’eau ;
- production de déchets et utilisation des ressources.
D’autres initiatives proposées incluent le développement d’un Tableau de bord du développement durable européen, dont une première version devrait être présentée avant la fin 2009
Une autre mesure consiste en des valeurs seuils pour la durabilité environnementale, qui devraient permettre aux décideurs politiques d’identifier les zones de danger et des niveaux d’alerte avant que les limites physiques de la nature ne soient atteintes. Les valeurs seront identifiées pour les principaux polluants et toutes les ressources renouvelables.
Un rapport français prévu pour septembre
A l’initiative du président Nicolas Sarkozy, la France a mis en place en 2008 une Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social. Cette commission est présidée par le Prix Nobel Joseph Stiglitz, un économiste américain. Elle entend identifier les limites du PIB en tant qu’indicateur de la performance économique et du progrès social. Elle proposera alors des indicateurs alternatifs pour mesurer la durabilité économique, environnementale et sociale.
Un résumé provisoire des travaux de la Commission, publié en juin, met en lumière les problèmes classiques du PIB, la qualité de vie, le développement durable et l’environnement. Le rapport final sera publié le 14 septembre.
PROCHAINES ETAPES :
- 8 sept. 2009 : présentation officielle par la Commission de sa communication sur la mesure du progrès au-delà du PIB
- 2012 : réexamen par la Commission des initiatives proposées