Bruxelles appelle la Pologne à un compromis sur les travailleurs détachés

Malgré les efforts d’Emmanuel Macron, la Première ministre polonaise, Beata Szydło, a confirmé le refus de Varsovie de revenir sur la directive européenne sur le travail détaché. Pierre Moscovici appelle à un compromis, mais a indiqué ne plus croire en un socle social commun.

EURACTIV.fr avec l'AFP
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Pierre Moscovici voudrait un compromis entre le camps de la France et celui de la Pologne. [<a href="https://www.shutterstock.com/image-photo/jouy-en-josas-france-september-1-224935852?src=misbLiPJ-mDF6o1sby0ptQ-1-7" target="_blank" rel="noopener">[Frederic Legrand - COMEO/Shutterstock]</a>]

Malgré les efforts d’Emmanuel Macron, la Première ministre polonaise, Beata Szydło, a confirmé le refus de Varsovie de revenir sur la directive européenne sur le travail détaché. Pierre Moscovici appelle à un compromis, mais a indiqué ne plus croire en un socle social commun.

« Nous défendrons jusqu’au bout notre position, parce que c’est une position qui est dans l’intérêt des travailleurs polonais », a déclaré Beata Szydło, la Premier ministre polonaise, à la presse.

Cette déclaration intervient alors que le président français, Emmanuel Macron, effectue une tournée dans l’est de l’Europe pour promouvoir un durcissement de la directive sur le travail détaché.

Datant de 1996, la directive permet à une entreprise de l’UE d’envoyer à titre provisoire dans d’autres pays de l’Union ses salariés en continuant à payer les cotisations sociales dans le pays d’origine. Pour Emmanuel Macron, cette directive constitue une concurrence déloyale pour le marché du travail français et est injuste pour les travailleurs français.

La Pologne est le pays qui profite le plus de cette directive et est farouchement hostile à toute réforme. Environ 500 000 Polonais sont employés par des entreprises polonaises dans d’autres pays membres de l’UE.

La France, qui a accueilli 286 000 salariés détachés déclarés en 2015, est le deuxième pays d’accueil derrière l’Allemagne, favorable elle aussi à des garde-fous. Soutenue par l’Autriche et l’Allemagne, Paris souhaite limiter la durée de séjour d’un travailleur détaché à un an et non 24 mois. À l’est, cette initiative a été qualifiée de « néoprotectionnisme ».

Dans le cadre de sa tournée européenne pour promouvoir un durcissement du texte, Emmanuel Macron ne s’est rendu ni en Pologne ni en Hongrie, les deux pays les plus attachés au système actuel.

Moscovici plaide pour un compromis

Le commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, a pour sa part jugé nécessaire de trouver que les États membres s’accordent sur le sujet. « Un compromis sur ce texte est nécessaire », a-t-il indiqué sur Europe 1.

Le 24 août, en Roumanie, où le sujet des transporteurs routiers est particulièrement sensible, le président français a encore prévenu que le « dumping fiscal et social » risquait de mener à un « démantèlement de l’Union européenne ».

« La liberté de circulation, qui est une des grandes libertés de l’Europe, doit aller de pair avec le combat contre le dumping social », a déclaré Pierre Moscovici, qui propose comme mot d’ordre « à travail égal, salaire égal ».

Rappelant que la Commission européenne avait elle-même fait des propositions de réformes fin mai, il a jugé nécessaire de trouver un compromis sur le sujet avant la fin de l’année.

L’UE est actuellement présidée par l’Estonie, plutôt en faveur d’un durcissement des règles sur le sujet. En 2018, la Bulgarie, opposée à une telle évolution, lui succèdera.

Pierre Moscovici a affirmé qu’il ne fallait pas « bercer les Français d’illusions » sur une éventuelle harmonisation sociale de l’UE. « Pour y parvenir, il faut qu’il y ait unanimité (…) à 28 », a-t-il dit. « Je crois plus à un socle social commun qu’à une vraie harmonisation sociale. »