Les transports publics bruxellois gratuits en cas de pic de pollution

Le gouvernement régional bruxellois a adopté des règles d’urgence qui permettront d’utiliser gratuitement les transports publics en cas de forte pollution de l’air.  

EURACTIV.com
STIB_Atomium
Une vieille photo de bus de la STIB stationnés devant l’Atomium à Bruxelles. [<a href="https://www.flickr.com/photos/jpdheure/25799759398/" target="_blank" rel="noopener">[Jean Philippe Dheure Collections / Flickr]</a>]

Le gouvernement régional bruxellois a adopté des règles d’urgence qui permettront d’utiliser gratuitement les transports publics en cas de forte pollution de l’air.

En cas de concentration élevée de microparticules polluantes dans l’air, les transports en commun de la STIB ainsi que le service de vélos partagés Villo ! deviendront gratuits pendant une durée déterminée à Bruxelles, pour encourager les citoyens à laisser leur voiture au garage.

Ces règles d’urgence entreront en vigueur en région bruxelloise dès que la moyenne de concentration de polluants sur 24 heures atteint 51 à 70 microgrammes par mètre cube d’air.

De même, les mesures prévues par le gouvernement prévoient également de réduire les limitations de vitesse et d’interdire le chauffage au bois s’il ne s’agit pas du seul moyen de chauffage du domicile. Un nouveau polluant a également été ajouté à la liste de particules devant faire l’objet de surveillance.

De plus, les citoyens pourront surveiller la qualité de l’air sur un site web en temps réel et sur une nouvelle application pour smartphone.

Les nouvelles règles d’urgence de la capitale belge s’apparentent à une proposition actuellement débattue en Allemagne qui prévoit que les villes seraient habilitées à rendre les transports publics gratuits afin de réduire le nombre de voitures sur les routes allemandes.

L’Allemagne, mais pas la Belgique, fait partie des neuf États membres qui risquent d’être poursuivis en justice par la Commission européenne pour avoir enfreint les règles européennes sur la pollution de l’air.

Les neuf pays, dont la France, l’Italie et l’Espagne, ont reçu un ultimatum de la part de Karmenu Vella, le commissaire européen à l’environnement, qui a déclaré que « l’heure n’était plus à la temporisation ».

Le groupe de pays cancres a soumis de nouveaux plans d’atténuation qui sont étudiés actuellement. La décision sur la possibilité d’entamer une procédure d’infraction contre un ou plusieurs États membres sera prise à la mi-mars.

La lutte de l’Union contre la pollution de l’air est elle-même examinée à la loupe par la Cour des comptes du bloc qui étudie l’efficacité des politiques actuelles. Bruxelles fait partie des six villes européennes où les auditeurs collectent des données. Un rapport final sera rendu plus tard dans l’année.

L’Organisation mondiale de la santé a estimé qu’en 2014, 92 % de la population mondiale vivait dans des endroits où les lignes directrices de l’OMS relatives à la qualité de l’air n’étaient pas respectées. Les experts de la santé préviennent que les polluants augmentent considérablement les risques de maladies cardiovasculaires et respiratoires.