Bruno Le Maire affirme avoir « sauvé l’économie française » après l’abaissement de la note de crédit du pays

Le ministre français de l’Économie et de l’Énergie, Bruno Le Maire, a affirmé avoir « sauvé l’économie française » face à la pandémie de COVID et à la guerre en Ukraine, après que Standard & Poor’s Global Ratings a abaissé la note de crédit du pays samedi (1er juin).

EURACIV France
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Le ministère de M. Le Maire a présenté un déficit de 5,1 % du PIB en 2024, loin de son objectif initial de 4,4 %. L’agence de notation avertit également que la dette publique pourrait atteindre 112 % du PIB en 2027, alors que la France prévoit 108,1 %. [EPA-EFE/LUDOVIC MARIN]

Le ministre français de l’Économie et de l’Énergie, Bruno Le Maire, a affirmé avoir « sauvé l’économie française » face à la pandémie de Covid-19 et à la guerre en Ukraine, après que Standard & Poor’s Global Ratings a abaissé la note de crédit du pays samedi (1er juin).

Vendredi (31 mai), S&P Global Ratings a abaissé la note de crédit de la France de « AA » à « AA-», citant une « détérioration » de la « position budgétaire ».

« Contrairement à nos attentes précédentes, la dette publique de la France en pourcentage du PIB augmentera en raison de déficits budgétaires plus importants que prévu au cours de la période 2023-2027 », a déclaré l’agence amricaine de notation financière.

Le ministère de M. Le Maire a présenté un déficit de 5,1 % du PIB en 2024, loin de son objectif initial de 4,4 %. L’agence de notation avertit également que la dette publique pourrait atteindre 112 % du PIB en 2027, alors que la France prévoit 108,1 %.

Le gouvernement reste inflexible concernant la baisse du déficit sous le seuil des 3 % d’ici 2027 — une obligation en vertu des règles du traité de Maastricht de l’UE — mais S&P s’inquiète de la probabilité de réalisation de cet objectif.

En 2023, la France était le troisième pays le plus endetté de l’UE, après la Grèce et l’Italie, avec un peu plus de 111 % du PIB. Son déficit budgétaire est le quatrième plus important après celui de l’Italie, de la Hongrie et de la Roumanie.

Sauver l’économie

Le raisonnement de S&P ne repose pas sur des « doutes quant à la stratégie économique du gouvernement, qui a été approuvée, mais sur la fragmentation politique du pays. Le gouvernement manque de soutien [politique] », a déclaré M. Le Maire dans un commentaire sur l’abaissement de la note samedi.

« Nous pensons que la fragmentation politique ajoute à l’incertitude concernant la capacité du gouvernement à continuer à mettre en œuvre des politiques qui augmentent le potentiel de croissance économique et qui s’attaquent aux déséquilibres budgétaires », a expliqué S&P.

« J’ai sauvé l’économie française en évitant la récession, la destruction sociale et les inquiétudes des citoyens face à l’augmentation du prix de l’essence. Je les ai protégés », a affirmé le ministre.

La France a mis en place l’un des « boucliers énergétiques » les plus étendus de l’UE pour plafonner les prix de l’énergie au début de la guerre en Ukraine, mais cette mesure a été annulée en 2024 en faveur d’une aide d’État plus ciblée.

Plus tôt cette année, M. Le Maire a annoncé qu’il mettrait en œuvre une réduction budgétaire supplémentaire de 20 milliards d’euros en 2024. Cependant, les prévisions de croissance économique ont chuté, passant initialement de 1,4 % à 1 %, ce qui rend impossible la réalisation des objectifs budgétaires de la France pour 2024.

La moitié de cette somme proviendrait de la réduction des dépenses publiques et des budgets généraux des ministères.

« La gravité de la situation de nos finances publiques est évidente et nous sommes au pied du mur », a déclaré Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes française, à l’hebdomadaire La Tribune Dimanche.

La Commission européenne surveille de près la situation budgétaire de la France, qui pourrait faire l’objet d’une procédure de déficit excessif (PDE) dans les semaines à venir.

L’exécutif européen peut déclencher une PDE pour contraindre les États membres à réduire des déficits jugés trop élevés. Dans ce cas, le pays visé doit présenter des plans de réduction et des échéances, sous peine de se voir infliger une amende.