Brown : le Royaume-Uni est au centre de l’Europe
Gordon Brown a saisi l’occasion de sa première visite officielle à Bruxelles en tant que Premier ministre pour s’affranchir de son image d’eurosceptique et se présenter comme un Européen convaincu, soulignant que le Royaume-Uni et l’UE sont mutuellement dépendants.
Gordon Brown a saisi l’occasion de sa première visite officielle à Bruxelles en tant que Premier ministre pour s’affranchir de son image d’eurosceptique et se présenter comme un Européen convaincu, soulignant que le Royaume-Uni et l’UE sont mutuellement dépendants.
« Je suis ravi d’être à Bruxelles (…) pour dire que l’UE est essentielle au succès du Royaume-Uni et qu’une Grande-Bretagne pleinement engagée en Europe est essentielle pour le succès de l’UE », a déclaré M. Brown aux journalistes après sa rencontre avec le président de la Commission, José Manuel Barroso, le 21 février.
« Je ne doute pas qu’en cette période d’incertitude mondiale, nous ne devrions jamais mettre en question, comme certains, la stabilité des relations britanniques avec l’Union européenne », a souligné M. Brown, cherchant à charmer les responsables européens, dont beaucoup le considèrent avec suspicion, surtout depuis qu’il est arrivé en retard à la cérémonie officielle de signature du traité de Lisbonne en décembre dernier (EURACTIV 12/12/07).
Le Premier ministre a identifié quatre objectifs majeurs pour l’UE : la prospérité, le développement durable, la stabilité dans le monde et la reconstruction, ainsi que la lutte contre la pauvreté.
M. Brown a exhorté les dirigeants européens à passer des débats institutionnels aux questions qui comptent réellement pour les citoyens, comme la sécurité, le changement climatique, la prospérité et l’emploi.
« Nous devons accélérer la réforme économique pour permettre aux entreprises et aux citoyens européens de réussir. »
Le Premier ministre a également appelé à la création d’une banque indépendante européenne des émissions de CO2 pour améliorer le fonctionnement du système européen d’échange de quotas d’émissions (ETS), ainsi qu’à un accord sur un fond multilatéral de la Banque mondiale pour aider les pays en développement à devenir des économies à faible intensité de carbone.
M. Barroso a félicité M. Brown pour son engagement pour des prix plus équitables et davantage de concurrence sur le marché intérieur de l’énergie, ajoutant que son soutien à l’action européenne sur le changement climatique a été déterminant.
Le Premier ministre a réitéré son soutien à Tony Blair comme candidat pour le nouveau poste de président du Conseil européen. M. Blair est également soutenu par le président français Nicolas Sarkozy, mais la chancelière allemande Angela Merkel est moins enthousiaste.
M. Brown a également participé à des négociations en face à face très constructives, pour la première fois depuis des années, avec le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson. Les relations entre les deux hommes sont toujours tendues depuis leur bataille pour obtenir la tête du parti travailliste en 1994, mais ils partagent aujourd’hui les mêmes vues sur le libre échange et la mondialisation.
Selon M. Brown, l’UE doit tout mettre en œuvre pour parvenir à un accord mondial sur le commerce. Il a également déclaré que le président Barroso et lui-même soutenaient le commissaire Mandelson dans ses efforts visant à redonner de l’élan aux négociations sur le commerce mondial.
Sa visite est survenue sept mois après sa prise de fonction, alors que la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy ont effectué leur première visite officielle dans les jours suivants leur arrivée au pouvoir.
La relation ambivalente du Royaume-Uni avec l’UE a également été rappelée par le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, s’adressant à la Chambre des Communes le 20 février.
Même s’il a reconnu que le traité de Lisbonne renforcerait la politique étrangère britannique, il a clairement fait savoir que son pays continuerait de décider de sa propre politique étrangère, soulignant qu’il ne peut y avoir un rôle européen commun que dans les domaines où les États membres s’entendent.
M. Brown a décidé que le nouveau traité serait ratifié par le Parlement, écartant l’option risquée d’un référendum (EURACTIV 21/01/08).