Brexit: des négociateurs «déterminés»

Les négociations historiques qui permettront au Royaume-Uni de sortir de l’UE en 2019 ont démarré le 19 juin. Les deux parties se sont accordées sur le calendrier, la structure et les priorités des discussions.

/ EURACTIV.com
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Michel Barnier et David Davis lors de leur conférence de presse commune, le 19 juin. [<a href="http://ec.europa.eu/avservices/photo/photoDetails.cfm?sitelang=en&ref=034721#1" target="_blank" rel="noopener">[European Commission]</a>]

Les négociations historiques qui permettront au Royaume-Uni de sortir de l’UE en 2019 ont démarré le 19 juin. Les deux parties se sont accordées sur le calendrier, la structure et les priorités des discussions.

Les négociateurs en chef du Brexit, Michel Barnier pour l’UE et David Davis pour le Royaume-Uni, ont échangé des plaisanteries lors de leur conférence de presse, après six heures de négociations qu’ils qualifient de constructives et ayant pour objectif un accord juste pour les deux parties.

Ils n’ont cependant donné aucune indication sur la résolution possible des problématiques clés et se sont limité à répéter que « rien n’est décidé tant que tout n’est pas décidé ».

« Aujourd’hui, un voyage commence pour le Royaume-Uni et l’UE. Nous avons du chemin à parcourir, mais nous avons bien commencé », a assuré David Davis, le secrétaire d’État britannique au Brexit.

« Il était très important et utile de partir du bon pied, parce que le temps nous est compté », a ajouté Michel Barnier. « Aujourd’hui, nous nous sommes accordés sur des dates, une organisation et des priorités pour les négociations. »

La première phase des négociations, durant laquelle les négociateurs se rencontreront une semaine par mois, se concentrera sur les droits des citoyens européens et britanniques vivant à l’étranger, la facture que le Royaume-Uni devra honorer et la frontière externe de l’UE en Irlande.

La frontière entre les deux Irlandes et la paix en Irlande du Nord sont des priorités pour l’UE. Selon certains observateurs, l’alliance de Theresa May avec le parti nord-irlandais unioniste DUP après les élections du 8 mai pourrait menacer la paix conclue en 1998, conditionnée à une frontière ouverte et à la neutralité de Londres et Dublin dans les affaires de la province.

« La question de l’Irlande du Nord est très complexe et sensible, nous la prenons très au sérieux », a assuré David Davis. « Mais cela n’a rien à voir avec les négociations à la Chambre des communes », a-t-il ajouté, en référence à l’alliance de son parti avec le DUP.

Les négociateurs ont mis un point d’honneur à apparaitre coordonnés, mais pas nécessairement unis. Leurs remarques ont ainsi inclus des références symboliques aux différences entre les deux camps.

« Je ne suis ni optimiste ni pessimiste, je suis déterminé », a déclaré Michel Barnier, reprenant la célèbre phrase de Jean Monnet, père fondateur de l’UE, avant d’ajouter, en anglais cette fois, « nous sommes déterminés. »

David Davis a pour sa part expliqué que Michel Barnier et lui avaient décidé ensemble des citations qu’ils utiliseraient lors de leur conférence de presse.

Le Britannique a opté pour Winston Churchill : « un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté. Je suis certainement un optimiste déterminé. »