Brexit : par ici la sortie ?
Les voix appelant à des referendums, pouvant mener au "Franxit" ou "Nexit" pour les Pays-Bas se multiplient. Avec des motivations variées.
Les voix appelant à des referendums, pouvant mener au « Franxit » ou « Nexit » pour les Pays-Bas se multiplient. Avec des motivations variées.
La tentation de la sortie serait-elle contagieuse ? La question se pose au lendemain du départ du Royaume-Uni de l’Union européenne, une première pour le groupe de pays dont les premiers liens remontent à 1954. L’appel de nombreux populistes à organiser des referendum sur leur adhésion à l’Europe fait en effet planer la menace de sorts similaires à d’autres pays.
En France et aux Pays-Bas, Marine Le Pen et Geert Wildeers se sont réjoui du Brexit vendredi 24 juin, et ont appelé à des referendums dans leurs propres pays.
«Les Britanniques ont un rapport à l’Europe très instrumental et utilitaire, ce n’est pas le cas de pays fondateurs comme les Pays-Bas ou la France, qui ont été moteurs de la construction européenne » modère Manuel Lafont-Rapnouil, directeur du think-tank ECFR à Paris. Quand bien même un referendum serait organisé, il n’aboutirait pas forcément au résultat à la sortie d’un pays, tant les aspirations et les contextes politiques varient.
Face aux rêves des populistes, les autres camps politiques ne font pas la même analyse du Brexit.
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« La sortie du Royaume-Uni consacre le fait que le Royaume-Uni était au milieu du gué. Depuis le passage à l’euro on les attendait en pensant qu’ils allaient nous rejoindre. Ca a entraîné une stagnation mortifère » estime Pervenche Beres, chef de la délégation des socialistes européens, qui estime que cette césure doit désormais ouvrir la voie à une proposition ferme des socialistes européens pour une Europe différente. À laquelle il faudrait éventuellement faire adhérer la population par une consultation, ou une élection ? Les échéances de 2017 pourraient supplanter ou précéder un éventuel referendum, dont la perspective semble se faire moins taboue.
En France, le referendum a traumatisé la gauche depuis le débat compliqué en 2005 sur le traité européen. Pourtant, l’idée n’a pas totalement disparu. Arnaud Montebourg a d’ailleurs indiqué cette semaine qu’une telle consultation était « envisageable ». Certains pensent qu’elle pourrait devenir incontournable dans la perspective des élections présidentielles de 2017.
Changement de traité ou appel au referendum, même combat ?
A droite, le candidat Bruno Le Maire appelle aussi à un referendum, mais tout en inscrivant la consultation dans la refonte du projet européen qui serait porté par la France et l’Allemagne. Une proposition « destinée à faire le buzz dans un contexte de candidatures à la primaire » assure une source aux Républicains peu impressionnée par la proposition.
À l’inverse, Alain Juppé a mis en garde contre un projet de referendum, qui reviendrait à « offrir une victoire sur un plateau à Marine Le Pen ».
Nicolas Sarkozy a de son côté fait une déclaration très conservatrice, assurant que « la lucidité commande de dire que ce sentiment de rejet est partagé par beaucoup de Français et beaucoup d’autres Européens. Ce qu’a dit le peuple britannique, d’autres peuples en Europe peuvent le dire. Nous ne pouvons, nous ne devons l’ignorer ». Il a appelé, comme il le fait depuis plusieurs semaines, à un nouveau traité européen, ce qui revient à appeler à un referendum, puisque tout nouveau traité devrait être ratifié.
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« Plus que jamais j’entends défendre l’idéal européen. Mais cet idéal, je le veux avec les peuples d’Europe, pas contre eux » assure l’ex-président de la République français.
Reste que le risque de contagion du Brexit ne repose pas seulement sur un risque de referendum, mais aussi sur toutes les options de « menus à la carte » et de tentation centripètes qui pourraient tentés d’autres États membres.