Brexit : inquiétudes au Royaume-Uni sur de potentielles fermetures d'usines de Stellantis

Des informations sur de possibles fermetures d'usines du constructeur automobile Stellantis au Royaume-Uni faute d'un aménagement de l'accord commercial avec l'UE post-Brexit suscitaient des inquiétudes dans le pays, notamment au sein de l'opposition travailliste.

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Cette année, Rome a également confronté ouvertement Stellantis dans deux affaires très médiatisées concernant ses pratiques de marketing, accusant l’entreprise de tromper les consommateurs en présentant des véhicules comme typiquement italiens alors qu’ils ont été fabriqués à l’étranger. [Jonathan Weiss / Shutterstock]

Des informations sur de possibles fermetures d’usines du constructeur automobile Stellantis au Royaume-Uni faute d’un aménagement de l’accord commercial avec l’UE post-Brexit suscitaient des inquiétudes dans le pays mercredi (17 mai), notamment au sein de l’opposition travailliste.

La maison-mère de Fiat, Peugeot, Citroën et Opel/Vauxhall, qui dispose de deux principaux sites de fabrication dans le pays à Ellesmere Port (nord de l’Angleterre) et Luton (au nord de Londres), a notamment prévenu auprès des députés britanniques, dans une contribution publiée fin avril, d’un risque de « désavantage concurrentiel majeur », notamment sur les véhicules électriques.

« Si le coût de la fabrication de véhicules électriques au Royaume-Uni devient non compétitif et non durable », notamment par rapport aux véhicules venus du Japon et de Corée du Sud ou fabriqués dans l’UE, les opérations au Royaume-Uni « vont fermer », poursuit Stellantis.

Le groupe s’inquiète notamment d’un durcissement prévu des Règles d’Origine dans le traité commercial post-Brexit avec l’UE, qui imposera à partir de 2024 qu’au moins 45 % de la valeur des pièces du véhicules provienne de l’UE ou du Royaume-Uni pour être exempté de droits de douane.

Le groupe a toutefois rappelé mercredi, dans une déclaration transmise à l’AFP, que Stellantis « a investi dans le site d’Ellesmere Port, qui démarrera cette année la fabrication de petits fourgons électriques ».

« Nous avons besoin d’un meilleur accord post-Brexit », a martelé mercredi le chef de l’opposition travailliste, Keir Starmer, en écho aux demandes de Stellantis, qui voudrait voir l’exécutif britannique se mettre d’accord avec l’UE pour repousser à 2027 l’entrée en vigueur des nouvelles règles.

« Le gouvernement a été prévenu depuis plus d’une décennie qu’il devait investir dans des usines de batteries pour assurer une transition en douceur vers la production de véhicules électriques au Royaume-Uni, mais il n’a pas agi », a dénoncé de son côté le syndicat Unite.

« Cet avertissement de Stellantis est un rappel brutal que l’industrie automobile britannique est confrontée à un avenir très incertain », selon le groupe de réflexion Energy and Climate Intelligence Unit (ECIU), qui craint « la perte de milliers d’emplois et la dévastation de l’économie locale ».

Ces inquiétudes interviennent quelques mois après le dépôt de bilan, en janvier, de la société britannique Britishvolt, dédiée à la construction d’une vaste usine de batteries pour voitures électriques, qui a mis un coup aux ambitions britanniques dans le secteur.

Stellantis a précisé aux députés britanniques qu’il pensait à l’origine pouvoir respecter la limite de 45 % de pièces produites localement mais que « les prix des matières premières qui ne sont pas originaires [de l’UE ou du Royaume-Uni] augmentent considérablement, de sorte que nous sommes désormais incapables de respecter ces règles d’origine ».

Le gouvernement britannique a annoncé récemment étudier de possibles mesures pour aider le Royaume-Uni à rester « compétitif » face aux subventions vertes massives adoptées en particulier par les États-Unis.