Brexit : inquiétudes au Royaume-Uni sur de potentielles fermetures d'usines de Stellantis
Des informations sur de possibles fermetures d'usines du constructeur automobile Stellantis au Royaume-Uni faute d'un aménagement de l'accord commercial avec l'UE post-Brexit suscitaient des inquiétudes dans le pays, notamment au sein de l'opposition travailliste.
Des informations sur de possibles fermetures d’usines du constructeur automobile Stellantis au Royaume-Uni faute d’un aménagement de l’accord commercial avec l’UE post-Brexit suscitaient des inquiétudes dans le pays mercredi (17 mai), notamment au sein de l’opposition travailliste.
La maison-mère de Fiat, Peugeot, Citroën et Opel/Vauxhall, qui dispose de deux principaux sites de fabrication dans le pays à Ellesmere Port (nord de l’Angleterre) et Luton (au nord de Londres), a notamment prévenu auprès des députés britanniques, dans une contribution publiée fin avril, d’un risque de « désavantage concurrentiel majeur », notamment sur les véhicules électriques.
« Si le coût de la fabrication de véhicules électriques au Royaume-Uni devient non compétitif et non durable », notamment par rapport aux véhicules venus du Japon et de Corée du Sud ou fabriqués dans l’UE, les opérations au Royaume-Uni « vont fermer », poursuit Stellantis.
Le groupe s’inquiète notamment d’un durcissement prévu des Règles d’Origine dans le traité commercial post-Brexit avec l’UE, qui imposera à partir de 2024 qu’au moins 45 % de la valeur des pièces du véhicules provienne de l’UE ou du Royaume-Uni pour être exempté de droits de douane.
Le groupe a toutefois rappelé mercredi, dans une déclaration transmise à l’AFP, que Stellantis « a investi dans le site d’Ellesmere Port, qui démarrera cette année la fabrication de petits fourgons électriques ».
« Nous avons besoin d’un meilleur accord post-Brexit », a martelé mercredi le chef de l’opposition travailliste, Keir Starmer, en écho aux demandes de Stellantis, qui voudrait voir l’exécutif britannique se mettre d’accord avec l’UE pour repousser à 2027 l’entrée en vigueur des nouvelles règles.
« Le gouvernement a été prévenu depuis plus d’une décennie qu’il devait investir dans des usines de batteries pour assurer une transition en douceur vers la production de véhicules électriques au Royaume-Uni, mais il n’a pas agi », a dénoncé de son côté le syndicat Unite.
« Cet avertissement de Stellantis est un rappel brutal que l’industrie automobile britannique est confrontée à un avenir très incertain », selon le groupe de réflexion Energy and Climate Intelligence Unit (ECIU), qui craint « la perte de milliers d’emplois et la dévastation de l’économie locale ».
Ces inquiétudes interviennent quelques mois après le dépôt de bilan, en janvier, de la société britannique Britishvolt, dédiée à la construction d’une vaste usine de batteries pour voitures électriques, qui a mis un coup aux ambitions britanniques dans le secteur.
Stellantis a précisé aux députés britanniques qu’il pensait à l’origine pouvoir respecter la limite de 45 % de pièces produites localement mais que « les prix des matières premières qui ne sont pas originaires [de l’UE ou du Royaume-Uni] augmentent considérablement, de sorte que nous sommes désormais incapables de respecter ces règles d’origine ».
Le gouvernement britannique a annoncé récemment étudier de possibles mesures pour aider le Royaume-Uni à rester « compétitif » face aux subventions vertes massives adoptées en particulier par les États-Unis.