Bosnie-Herzégovine : un accord de coalition élimine un obstacle sur le chemin vers une adhésion à l’UE
Des partis de la Fédération de Bosnie-Herzégovine, l’une des entités composant le pays, ont signé un accord de coalition à la suite des élections générales d’octobre, remplissant ainsi l’une des conditions pour l’obtention du statut de candidat à une adhésion à l’UE en décembre.
Des partis de la Fédération de Bosnie-Herzégovine, l’une des entités composant le pays, ont signé un accord de coalition à la suite des élections générales d’octobre, ouvrant ainsi la voie à l’entrée en fonction du gouvernement et remplissant par la même occasion l’une des conditions pour l’obtention du statut de candidat à une adhésion à l’UE en décembre.
Le bloc croate, dirigé par le plus grand parti croate, à savoir l’Union démocratique croate (Hrvatska Demokratska Zajednica, HDZ), et une coalition de huit autres partis politiques ont signé l’accord de coalition mardi (29 novembre).
Pour rappel, l’accord de paix de Dayton de 1995, qui a mis fin à la guerre de 1992-1995 en Bosnie, a divisé le pays en deux régions largement autonomes : la République serbe de Bosnie (Republika Srpska, RS), et la Fédération de Bosnie-Herzégovine (Federacija Bosne i Hercegovine, bosniaque/croate). Ces deux régions partagent un gouvernement central faible et multiethnique.
Ce gouvernement est sous la supervision du Haut représentant en Bosnie-Herzégovine, qui est actuellement l’ancien responsable politique allemand Christian Schmidt. En octobre, ce dernier a décidé de mesures visant, selon lui, à améliorer le fonctionnement de la Fédération.
Les changements éliminent notamment les mécanismes de blocage et introduisent des délais pour la nomination des députés.
Le document de coalition signé, intitulé « Lignes directrices, principes et objectifs des autorités exécutives et législatives pour la période 2022-2026 », définit le programme de travail pour le mandat de quatre ans du nouveau gouvernement.
Le document est divisé en trois parties, axées sur l’intégration euroatlantique, la stabilité politique, l’État de droit, ainsi que la justice sociale et l’économie.
L’accord a été signé par le président du parti HDZ, Dragan Čović, et par le chef du Parti social-démocrate de Bosnie-Herzégovine (Socijaldemokratska Partija BiH, SDP), Nermin Nikšić, au nom de la coalition des huit partis.
La coalition est composée du SDP, de Notre Parti (Naša stranka, NS), du Parti Peuple et Justice (Narod i Pravda, NiP), de l’Initiative pour la Bosnie-Herzégovine — Kasumović Fuad (Bosanskohercegovača Inicijativa, BHI KF), du Parti pour les Nouvelles générations (za nove generacije, ZNG), du Mouvement d’action démocratique (Pokret demokratske akcije, PDA), du Parti pour la Bosnie-Herzégovine (Stranka za Bosnu i Hercegovinu, SBiH) et de l’Alliance populaire européenne (Narodni evropski savez Bosne i Hercegovine, NES).
M. Čović a déclaré que l’objectif est de disposer du pouvoir exécutif et législatif au niveau de la Fédération ainsi que de l’ensemble de la Bosnie-Herzégovine d’ici la fin de l’année.
« Nous avons signé un accord […] pour les quatre prochaines années. Ce dernier ouvre une nouvelle ère dans la politique et la culture politique afin de dégager une perspective européenne pour la Bosnie-Herzégovine », a déclaré M. Čović.
« Et ensuite, nous pouvons également nous attendre à ce que la Bosnie-Herzégovine reçoive le statut de candidat à l’adhésion à l’UE », a continué M. Čović, qui a également exprimé l’espoir que ce statut soit accordé dès le mois de décembre.
Adhésion à l’UE : la Commission européenne recommandera d’accorder du statut de candidat à la Bosnie-Herzégovine
La Commission européenne recommandera d’accorder le statut de candidat à l’adhésion à la Bosnie-Herzégovine (BiH)…
4 minutes
En octobre, l’exécutif européen a conseillé aux États membres de l’Union européenne d’accorder à la Bosnie-Herzégovine le statut de candidat, à condition toutefois que celle-ci s’engage à entreprendre une série de réformes fondamentales en remplissant huit conditions qui contribueront à renforcer la démocratie dans le pays.
Une décision devrait être prise lorsque les dirigeants de l’UE se réuniront pour leur sommet régulier à la mi-décembre, juste après un sommet crucial UE-Balkans occidentaux qui aura lieu à Tirana le 6 décembre prochain.
Les conditions imposées sont principalement liées aux 14 priorités présentées en 2019 par l’exécutif européen dans son avis sur l’aptitude de la Bosnie-Herzégovine à devenir un pays candidat.
Le nouvel accord a été présenté par le commissaire européen au Voisinage et à l’Élargissement, Oliver Varhelyi, lors de sa visite à Sarajevo.
Par ailleurs, le gouvernement de la RS, l’autre entité composant le pays, devrait quant à lui tenir sa session constitutive dans les dix prochains jours, après que le président séparatiste de la RS, Milorad Dodik, a confié le mandat au nouveau Premier ministre Radovan Višković.
M. Višković est issu du même parti que M. Dodik, l’Alliance des sociaux-démocrates indépendants (Savez nezavisnih socijaldemokrata, SNSD), un parti politique de Bosnie-Herzégovine présent en RS.
M. Dodik, qui fait l’objet de sanctions américaines pour avoir compromis la paix et la démocratie en Bosnie-Herzégovine, a appelé à plusieurs reprises à une « dissolution pacifique » du pays et a menacé d’organiser la sécession de la République serbe de Bosnie.
Adhésion à l’UE : la Bosnie-Herzégovine pourrait devenir candidate en décembre
Lundi (28 novembre), le commissaire européen au Voisinage et à l’Élargissement, Oliver Varhelyi, a indiqué…
4 minutes
[Édité par Anne-Sophie Gayet]