Le centre droit de Borrisov l’emporte aux législatives bulgares
D'après les premiers chiffres de la commission électorale centrale, le GERB, parti de centre droit de l'ancien Premier ministre bulgare Boïko Borissov, aurait remporté les élections législatives avec 32,7 % des votes, devançant ainsi le Parti socialiste.
D’après les premiers chiffres de la commission électorale centrale, le GERB, parti de centre droit de l’ancien Premier ministre bulgare Boïko Borissov, aurait remporté les élections législatives avec 32,7 % des votes, devançant ainsi le Parti socialiste.
Le Parti socialiste bulgare (BSP) se place en deuxième position avec 26,8 % des votes, suivi par l’alliance nationaliste du Front patriotique avec 9,1 %. Si le nombre de votes remportés par Boïko Borissov est resté plus ou moins le même par rapport aux dernières élections, le BSP de Kornelia Ninova est quant à lui parvenu à pratiquement doubler son score, même si les sondages prévoyaient une course plus serrée.
Une victoire pour les socialistes aurait été synonyme d’un rapprochement avec la Russie pour ce pays membre de l’OTAN de 7,4 millions d’habitants.
Deux nouveaux partis politiques feront leur entrée au parlement de ce pays des Balkans, à savoir le « Mouvement des droits et des libertés » (DPS), soutenu par la minorité ethnique turque, qui a remporté 8,4 % des votes, et le « Volya », un nouveau parti conduit par l’homme d’affaires Vesselin Marechki, autoproclamé « Trump bulgare », avec 4,1 % des votes. Celui-ci a promis de renverser le paysage politique et de lutter contre les monopoles. Propriétaire d’une chaîne de stations essence et de pharmacies, il parvient à vendre du carburant et des médicaments à des prix bien en dessous de ceux du marché.
Pas un seul des trois petits partis de centre droit n’est en revanche parvenu à dépasser le seuil des 4 %.
Un nouveau parti politique, le « DOST » (« ami » en turc), a récemment été créé par Lyutvi Mestan, l’ancien dirigeant du DPS, le parti qui a toujours représenté la minorité ethnique turque en Bulgarie. Le DOST, que beaucoup voient comme un projet politique monté de toute pièce par Ankara, n’a obtenu que 2,9 % des votes et ne sera donc représenté par aucun des 240 députés.
Les résultats officiels finaux devraient être annoncés le 28 mars. Reste à savoir si Boïko Borissov, le robuste pompier et ancien garde du corps du dernier dirigeant communiste bulgare, parviendra à former une coalition durable.
Boïko Borissov a longtemps dominé le paysage politique national, ayant été Premier ministre de 2009 à 2013 et de 2014 à 2017. Il a lui-même déclenché les élections anticipées en démissionnant en novembre dernier, lorsque son candidat à l’élection présidentielle a été battu par le socialiste Rumen Radev, ancien chef de l’armée de l’air et nouveau venu en politique.
Crise politique en Bulgarie après l’élection de Roumen Radev
Le Premier ministre bulgare Boïko Borissov a annoncé qu’il allait démissionner après que le candidat…
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Les socialistes rejettent l’idée d’une grande coalition
D’après les sources d’Alexander Andreev, un journaliste du Deutsche Welle à Berlin, le gouvernement allemand préfèrerait voir la formation d’une grande coalition en Bulgarie. Kornelia Ninova a cependant écarté cette possibilité dans sa première déclaration après l’annonce des résultats. Boïko Borissov a quant à lui rejeté toute possibilité de coalition avec le DPS. La seule option restante pour le dirigeant serait donc de former une coalition avec le « Volya » et le Front patriotique.
Le dirigeant du Volya, Veselin Mareshki, a déjà annoncé que dans une coalition future, son parti revendiquerait le ministère de l’Économie. Une coalition avec le Front patriotique serait embarrassante pour le GERB de Boïko Borissov, qui est affilié avec le Parti populaire européen. Dans les gouvernements précédents, le Front patriotique a soutenu Boïko Borissov sans faire officiellement partie de la coalition.
Le Front patriotique a construit sa popularité sur le mécontentement général envers les immigrés originaires du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Asie tentant d’atteindre l’Europe occidentale via les Balkans.
Le 24 mars, les partisans de l’alliance ont bloqué tout passage à la frontière entre la Bulgarie et la Turquie, dans le but de stopper des bus transportant des Bulgares d’origine turque venant participer à l’élection du 26 mars.
Votes à vendre
Le fléau de la corruption, toujours d’actualité en Bulgarie, a plané sur le scrutin. Les procureurs ont en effet annoncé l’ouverture de 79 enquêtes pour fraude électorale.
L’analyste politique Antoni Galabov a déclaré que 15 % des votes avaient en réalité été achetés. D’après lui, ce phénomène n’est pas nouveau, puisque la même proportion de votes aurait également été achetée aux dernières élections.
La chaîne de télévision Nova déclare avoir vu des bulletins de vote vendus pour la modique somme de 15 euros. L’indifférence et la déception des électeurs envers les principaux partis étaient également largement répandues.
« Les grands partis sont complètement déconnectés de la réalité en Bulgarie, ce qui est complètement irresponsable », a indiqué Alexander Naydenov, travailleur du secteur informatique de 35 ans.
La Bulgarie prendra la tête de la présidence tournante du Conseil de l’UE le 1er janvier 2018. Sofia doit encore nommer un nouveau commissaire, étant donné que l’ancienne vice-présidente de la Commission européenne, Kristalina Georgieva, a démissionné le 31 décembre pour accepter un poste à la Banque mondiale.