Berlin soutient du bout des lèvres la demande ukrainienne d’utiliser les fonds russes gelés

Le gouvernement allemand est favorable à l’utilisation des fonds russes gelés — qui se chiffrent en milliards d’euros — pour aider l’Ukraine à se reconstruire, à condition que les questions juridiques soient réglées et que l’action soit menée de concert avec les alliés.

EURACTIV Allemagne
Volunteers clear debris at the site of a Russian New Year’s Eve missile attack in Kyiv
Suite à l'invasion russe, l'économie ukrainienne souffre : en 2022, son PIB devrait diminuer de 32 %. Une grande partie du pays est en ruines. Les politiciens ukrainiens réclament depuis longtemps les avoirs gelés de l’agresseur pour les aider à se reconstruire. [MIKHAIL PALINCHAK/EPA-EFE]

Le gouvernement allemand est favorable à l’utilisation des fonds russes gelés — qui se chiffrent en milliards d’euros — pour aider l’Ukraine à se reconstruire, à condition que les questions juridiques soient réglées et que l’action soit menée de concert avec les alliés.

Suite à l’invasion russe, l’économie ukrainienne souffre : en 2022, son PIB devrait diminuer de 32 %. Une grande partie du pays est en ruines. Les politiciens ukrainiens réclament depuis longtemps les avoirs gelés de l’agresseur pour les aider à se reconstruire.

Face à cela, le gouvernement du chancelier Olaf Scholz soutiendrait la demande ukrainienne de réparations de guerre, mais n’a pas encore pris de position officielle sur la saisie des actifs de l’État russe, rapporte Bloomberg, citant plusieurs sources concordantes. La question est complexe et certains membres de la coalition gouvernementale sont plus convaincus que d’autres, ont-ils ajouté.

Selon les informations, la ministre écologiste des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, plaide en faveur de mesures dures incluant la saisie d’au moins une partie des avoirs russes gelés.

En effet, l’UE a gelé les avoirs de 90 ressortissants russes pour une valeur de 17 milliards d’euros, dont 2,2 milliards se trouvent en Allemagne, comme a annoncé vers la fin du mois d’octobre le commissaire européen à la Justice, Didier Reynders.

Mais le véritable enjeu est constitué par les 300 milliards d’euros de réserves monétaires gelées de la banque centrale russe. M. Reynders a souligné qu’il était « possible de conserver ces 300 milliards d’euros à titre de garantie jusqu’à ce que la Russie participe volontairement à la reconstruction de l’Ukraine ».

Le ministre allemand des Finances, Christian Lindner, serait sceptique quant à ces plans. Selon les sources citées par Bloomberg, il craint que la confiscation des réserves de la banque centrale russe ne crée un dangereux précédent et n’entraîne une bataille juridique désordonnée.

Depuis le début de la guerre, la question de savoir comment gérer les richesses gelées de la Russie a peu progressé. Les pays d’Europe de l’Est et les pays baltes, très hostiles, appellent depuis longtemps leurs partenaires à utiliser ces avoirs gelés. La discussion en cours à Berlin pourrait donner un nouvel élan à ces discussions qui stagnent.