Berlin et Paris promettent de s'entendre sur le projet FCAS avant la fin de l'année

Les ministres allemand et français ont reconnu que de nombreuses questions devaient encore trouver des réponses dans les prochaines semaines.

EURACTIV.com
FCAS-Europa
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Jeudi, les ministres allemand et français de la Défense ont cherché à apaiser les tensions autour du programme européen de chasseur de nouvelle génération (SCAF ou FCAS selon l’acronyme anglais), indiquant que les questions majeures relatives au projet devaient trouver une réponse avant la fin de l’année 2025.

Boris Pistorius et Sébastien Lecornu ont tout deux réaffirmé leur soutien à ce programme, qui inclut également l’Espagne, même des conflits persistent entre les différents constructeurs aéronautiques, notamment le français Dassault Aviation et l’allemand Airbus Defence.

« Nous voulons clarifier la situation du FCAS d’ici la fin de l’année. Nous devrons discuter des obstacles », a déclaré Boris Pistorius.

Sébastien Lecornu a déclaré que le programme FCAS approchait « du moment de vérité », alors qu’un prototype de cet avion de combat du futur devrait voir le jour. « Bien sûr, de nombreuses questions doivent être clarifiées », a encore souligné le ministre français de la Défense.

Les différents qui entourent le projet FCAS sont apparus cet été au grand jour, lorsque le PDG de Dassault a critiqué les principaux partenaires du projet, avant que les dirigeants d’Airbus Defence ne ripostent.

Certaines informations parues dans les médias et qui expliquaient que Dassault cherchait à renégocier certains contrats afin d’obtenir une plus grande part du programme ont déclenché de nouvelles querelles autour du projet.

« Il n’est pas surprenant que dans des projets de grande envergure, certaines des entreprises impliquées aient non seulement une grande expertise, mais aussi leurs propres intérêts et leur propre volonté », a déclaré Boris Pistorius jeudi. « Nous le savions dès le départ. »

Le ministre allemand de la Défense a déclaré que les deux pays restaient « tout à fait clairs et unanimes » dans leur soutien au FCAS , ainsi qu’à l’effort franco-allemand visant à développer un char de combat principal de nouvelle génération, le MGCS (Main Ground Combat System).

Sébastien Lecornu a toutefois cherché à dissocier le futur programme de char, dans lequel les entreprises allemandes de défense jouent un rôle de premier plan, de la question du FCAS, affirmant qu’il s’agissait d’un projet dont le calendrier et les accords étaient très différents.

Selon le ministre français, la principale préoccupation de la France et de l’Allemagne est de savoir si le projet FCAS sera en mesure de livrer un avion pleinement opérationnel d’ici 2040, date actuellement prévue pour les premières livraisons. Pour l’armée de l’air française, a précisé Sébastien Lecornu, ces capacités incluront le transport d’armes nucléaires.

« La gestion de projet nécessite une structure organisationnelle claire des responsabilités et des obligations des entreprises », a déclaré le ministre français. « Nous misons beaucoup sur le FCAS », a-t-il ajouté.

Sébastien Lecornu a déclaré que la complexité croissante du projet, qui implique de nombreux entrepreneurs, « est bien sûr un point faible, car nous risquons de ne pas pouvoir respecter le calendrier ».

« Mais les Chinois et les autres […] ne nous attendront pas. Et si nous perdons du temps ici avec de longues discussions, alors une bataille majeure aura déjà commencé. En 2040, soit nous serons à l’avant-garde, soit nous serons à la traîne », a-t-il déclaré. « Nous avons élaboré différents scénarios que nous présenterons au chancelier et au président pour qu’ils prennent une décision », a-t-il enfin précisé.