Berlin alerte sur le manque de financement européen pour les « gigafactories » d’IA

L’Allemagne s’inquiète du manque de moyens alloués par l’Union européenne à ses futurs centres d’entraînement pour l’intelligence artificielle, censés permettre au bloc de rattraper son retard sur les États-Unis et la Chine.

EURACTIV.com
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Dans un courriel envoyé par un diplomate d’un État membre à d’autres ambassadeurs, l’on apprend que le gouvernement allemand craint que la Commission européenne n’ait pas obtenu suffisamment de financement pour soutenir un développement massif de la puissance de calcul de l’IA dans l’UE.

Les « gigafactories » européennes doivent servir de centres de formation pour les grands modèles d’IA au sein du bloc, alors que celui-ci s’efforce de suivre le rythme des États-Unis et de la Chine.

Pour être opérationnelles, ces installations nécessiteront des milliards d’euros d’investissements privés, en plus d’importants financements publics. La Commission s’est donc engagée à trouver 3,4 milliards d’euros pour financer les gigafactories dans l’UE.

Cependant, sa proposition de financement soumise au Conseil pour approbation ne dépasse pour l’instant qu’un peu plus d’un milliard d’euros.

« Les fonds fournis par la Commission ne sont pas suffisants dans le cadre financier pluriannuel (CFP) actuel pour financer de manière adéquate les gigafactories d’IA du côté de la Commission pendant cinq ans », peut-on lire dans un courriel envoyé le 27 octobre par l’ambassadeur allemand auprès de l’UE après une réunion du groupe de travail « Recherche » du Conseil le 24 octobre.

Un financement insuffisant pourrait amener les investisseurs à considérer l’ensemble du projet comme présentant un « risque de défaut accru », peut-on encore lire dans le courriel. L’ambassadeur allemand suggère également que l’effet de l’aide financière de l’UE sur les entreprises privées « pourrait ne pas être aussi important que prévu ».

Lors de la réunion de fin octobre, les États membres ont discuté d’un amendement aux partenariats public-privé existants de l’UE pour les installations de supercalcul du bloc, connues sous le nom d’entreprise commune pour le calcul à haute performance européen (entreprise commune EuroHPC), qui seront chargées de construire les gigafactories d’IA.

Face aux inquiétudes, la Commission a assuré que le projet n’en était encore qu’à sa « première phase ». Elle a également indiqué qu’elle prévoyait de solliciter un soutien supplémentaire auprès de la Banque européenne d’investissement (BEI) et du fonds InvestEU. En outre, elle envisage de réaffecter des fonds inutilisés du budget de l’UE pour financer les centres d’IA.

Contactée par Euractiv, l’Allemagne a refusé de commenter la situation.