Benjamin Lancar : «Je regrette qu’aucun jeune ne soit en position éligible sur les listes UMP»
Le président des jeunes UMP revendique un «droit à l’Europe» pour chaque jeune entre 18 et 25 ans. Il revient aussi sur la polémique suscitée par l’intervention de Rachida Dati, lors de la convention des jeunes populaires, le 22 avril.
Le président des jeunes UMP revendique un «droit à l’Europe» pour chaque jeune entre 18 et 25 ans. Il revient aussi sur la polémique suscitée par l’intervention de Rachida Dati, lors de la convention des jeunes populaires, le 22 avril.
Que signifient pour vous les élections européennes?
C’est un rendez-vous assez unique parce qu’il faut absolument que nous fassions en sorte d’envoyer à Strasbourg le plus de députés UMP possible. La deuxième chose, c’est qu’il faut en profiter pour rappeler ce qu’est notre vision de l’Europe. Grâce à la Présidence française de l’Union européenne, nous avons pu dépasser la question institutionnelle. On a montré que trente ans de débats sur les institutions peuvent être résolus par six mois de volonté politique.
Le débat sur le traité de Lisbonne sera, je l’espère, bientôt clos. J’espère aussi que l’Irlande va voter oui, et que la République tchèque et la Pologne vont aller dans le même sens.
Pour les jeunes, ce scrutin est l’occasion de dire que l’Europe ne concerne que 4,4% d’entre eux. Ce sont ceux qui partent en Erasmus. Notre but, c’est d’avoir un «droit à l’Europe» pour chaque jeune entre 18 et 25 ans.
De quelle manière vous impliquez-vous dans cette campagne?
Avec la caravane, nous voulons montrer l’Europe au coin de la rue. C’est un beau projet qui n’était pas évident à monter. Lors d’une convention que nous avons organisée le 22 avril, nous avons avancé une dizaine de propositions, dont la mobilité. Nous voulons notamment avoir un espace étudiant européen, un pôle emploi européen et un service civil européen.
Notre génération n’en peut plus d’entendre des slogans comme : «l’Europe c’est génial parce que c’est l’avenir». Elle veut du concret. Elle veut savoir qu’à Compiègne, par exemple, c’est l’Europe qui a financé l’université technique.
N’est-il pas un peu léger de faire des propositions sur «l’Europe de la mobilité» alors que l’Europe traverse une grave crise économique?
Pas du tout. Quand vous voyez qu’en France, le taux de chômage des jeunes est trois fois plus élevé que le taux de chômage des aînés, ça veut dire qu’il faut trouver des solutions pour les jeunes de tout type. Il faut par exemple passer du diplôme à la qualification. Il faut également relancer le nombre de personnes qui partent en Erasmus.
Mais il n’y a pas que l’Europe pour les jeunes. Il y a aussi l’Europe politique, qui intervient en temps de crise : l’Europe qui agit en Géorgie, ou l’Eurogroupe qui prend des décisions capitales pour l’avenir.
Mais on n’a pas besoin d’Europe que pendant la crise.
Comment combler le fossé entre les citoyens et l’Europe?
Si le débat se situe sur le plan technique, il est normal qu’il ne passionne pas les foules et que personne n’y comprenne grand-chose.
Mais aujourd’hui, les discussions sont sur un autre plan. Le débat est entre ceux qui veulent nationaliser le débat, en disant «pour ou contre Sarkozy», et puis en face, ceux qui, comme à l’UMP, parlent d’Europe politique. Cette année, le débat est plus clair qu’auparavant.
Notre objectif, c’est d’avoir un taux de participation meilleur qu’en 2004. Il y a cinq ans, la participation était à 42 contre 45% dans le reste des pays européens. A l’UMP, nous assumons une stratégie claire : notre but est d’aller mobiliser notre électorat, ceux qui ont voté pour Nicolas Sarkozy au premier tour de la présidentielle de 2007.
Nous, par exemple, nous avons choisi de ne pas aller tracter devant les lycées et devant les facultés, parce que nous ne voulons pas réveiller l’ennemi.
Que pensez-vous de la place qu’accorde l’UMP aux jeunes sur ses listes?
Même si nous devrions avoir une douzaine de jeunes populaires sur les listes, je regrette qu’aucun d’entre eux ne soit en position éligible.
Ce n’est pas le scrutin le plus favorable pour les jeunes.
Pourquoi?
Parce qu’à partir du moment où le scrutin a été localisé par euro-circonscription, on est retourné dans un système de baronnies locales. D’une certaine manière, un scrutin national aurait permis d’élire des jeunes plus facilement.
Qu’est-ce que vous pensez de l’éviction de têtes comme Alain Lamassoure?
Il n’y a aucune éviction : il sera certainement numéro 3 de la région Sud-Ouest.
Mais il ne sera pas éligible…
On va tout faire pour qu’il le soit! Alain Lamassoure est une référence au niveau européen.
La prestation de Rachida Dati lors d’une convention des jeunes populaires, que vous animiez, a récemment fait polémique. La Garde des Sceaux n’a-t-elle pas donné une piètre prestation?
Tout d’abord, Rachida Dati n’est pas arrivée en retard, comme beaucoup ont pu le dire. Il était prévu qu’elle arrive au milieu de la convention.
Elle a répondu avec grand sérieux sur la question sur la conférence [de l’ONU contre le racisme] Durban II ou de Ségolène Royal. Elle a su faire rire quand il fallait faire rire. Elle s’est exprimée dans un contexte de parodie d’une émission de télévision. Elle a su répondre sérieusement quand il fallait répondre sérieusement.
Mais la question portant sur l’énergie était aussi sérieuse que celle sur Ségolène Royal…
Oui, mais d’une certaine manière, elle a répondu à la question. Mais elle a répondu avec humour.
Mais ce qu’il faut retenir de notre convention, ce sont nos dix propositions. Pour la première fois, les jeunes populaires ont exprimé un projet européen.