Belgique : malgré sa démission, le Premier ministre devrait rester en place [FR]
Hier 17 juillet, le roi Albert II de Belgique a refusé la démission du Premier ministre Yves Leterme. Il a en revanche mandaté trois médiateurs du gouvernement pour tenter de sortir le pays de l’impasse. La crise, liée à l’élargissement de l’autonomie régionale, dure depuis plusieurs mois dans ce pays divisé linguistiquement.
Hier 17 juillet, le roi Albert II de Belgique a refusé la démission du Premier ministre Yves Leterme. Il a en revanche mandaté trois médiateurs du gouvernement pour tenter de sortir le pays de l’impasse. La crise, liée à l’élargissement de l’autonomie régionale, dure depuis plusieurs mois dans ce pays divisé linguistiquement.
La décision du roi signifie que M. Leterme et son gouvernement resteront désormais en place au moins jusqu’à la fin du mois, date à laquelle le comité de médiation devrait présenter un rapport destiné à entamer un « dialogue institutionnel » pour désamorcer la crise.
M. Leterme avait démissionné le lundi 14 juillet tard dans la soirée faute d’avoir réussi à négocier un compromis entre les deux principales régions du pays, la Flandre et la Wallonie, après des mois de pourparlers sur la question du transfert de pouvoirs (EURACTIV 15/07/08).
Selon un communiqué du palais, le mandat du nouveau comité nommé par le roi consistera à « examiner de quelle manière des garanties peuvent être offertes pour entamer d’une manière crédible un dialogue institutionnel ».
Le comité comprend deux francophones – l’ex-ministre-président libéral de la région de Bruxelles François-Xavier de Donnea et l’ancien ministre chrétien démocrate Raymond Langendries (désormais eurodéputé) – ainsi que le socialiste Karl-Heinz Lambertz, qui dirige la petite communauté germanophone de Belgique.
Le trio ne comporte donc aucun représentant flamand. Néanmoins, les groupes politiques francophones et néerlandophones du pays ont tous accueilli la nouvelle approche du roi avec un optimisme prudent, espérant que cette initiative empêchera le pays de plonger dans une crise politique majeure.
Le comité aura la tâche ardue de convaincre les partis politiques flamands de la volonté des francophones d’engager le dialogue au sujet des questions communautaires après des mois de surplace à propos de l’autonomie régionale accrue demandée par la Flandre.
Le mandat de M. Leterme, qui avait finalement réussi à former un gouvernement en mars de cette année après avoir remporté les élections de juin 2007, a duré quatre mois jusqu’à présent. Mais la coalition n’était censée rester en place qu’à condition de négocier un accord sur la réforme de l’Etat et sur les questions linguistiques avant juillet. Ces problématiques divisent Wallons et Flamands depuis des années (EURACTIV 19/03/08).