Belgique: le gouvernement sort de l'impasse [FR]
Après neuf mois de crise et d'incertitude, les cinq partis qui appartiennent maintenant à la future coalition sont parvenus à un accord sur un programme politique commun. Le nouveau gouvernement devrait prêter serment jeudi prochain (20 mars).
Après neuf mois de crise et d’incertitude, les cinq partis qui appartiennent maintenant à la future coalition sont parvenus à un accord sur un programme politique commun. Le nouveau gouvernement devrait prêter serment jeudi prochain (20 mars).
L’accord, conclu dans les premières heures de la journée du 18 mars, permet enfin au vainqueur des élections du 10 juin 2007, le Flamand chrétien démocrate (CD&V) Yves Leterme, de devenir Premier ministre.
Pendant les trois derniers mois, la fonction était occupée par Guy Verhofstadt le Premier ministre sortant – malgré les pertes considérables subies par le parti libéral flamand aux élections – suite aux deux échecs excessifs de M. Leterme de former un gouvernement de coalition.
La principale pierre d’achoppement lors des négociations de coalition étaient les demandes formulées par M. Leterme et son parti apparenté, le parti flamand N-VA (Nouvelle alliance flamande), un mouvement nationaliste mené par Bart De Wever, afin d’accorder davantage d’autorité aux régions du pays.
Finalement, un accord n’a été possible que parce que les partis flamands et francophones ont accepté d’écarter les questions concernant la réforme de l’Etat fédéral de la Belgique et aux relations entre les deux plus grandes communautés linguistiques du pays. Seuls de mineurs transferts de pouvoir aux régions ont été approuvé, les partis s’engageant à approfondir les réformes à l’avenir. Le programme comprend également des promesses visant à relever les pensions et à diminuer les taxes, même si la question du financement de ces mesures reste incertaine.
Alors que M. Leterme estime qu’il s’agit d’un « bon accord de gouvernement, avec des mesures équilibrées », d’autres maintiennent que de nombreuses questions restent sans réponse.
Considérant que le paquet sur la réforme de l’Etat est trop vague, le parti apparenté de M. Leterme, le NVA, a décidé de ne pas faire partie du gouvernement. M. De Wever a indiqué que son parti soutiendrait néanmoins M. Leterme dans un vote de confiance le 22 mars, même si lui-même pense s’abstenir ce jour là.
Les cinq partis restants dans la coalition (le CD&V et son “équivalent francophone le CDh, mené par Joëlle Milquet, ainsi que les partis libéraux flamand et francophone (Open VLD et MR) et les socialistes francophones) doivent encore décider de la répartition des portefeuilles ministériels avant que le nouveau gouvernement définitif ne prête serment, un événement qui devrait avoir lieu d’ici demain, le 20 mars.
Dans les mois à venir, le nouveau Premier ministre sera alors confronté à une intense pression et devra montrer que, cette fois, il peut réussir à faire passer les réformes qu’il a promises. En effet, son propre parti, le CD&V, a averti qu’il retirerait sa confiance d’ici mi-juillet s’il estime que les résultats obtenus sur la réforme de l’Etat et les questions linguistiques ne sont pas satisfaisants.