Barroso renvoie la balle aux Etats membres sur l’état de l’UE

Le président de la Commission a rejeté, dans son discours annuel, la responsabilité de l'état de l'UE sur ses pays membres. Après 10 ans à la tête de la Commission, les députés attendaient un bilan de la part du chef de l'exécutif européen. 

EURACTIV.fr
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Le président de la Commission a rejeté, dans son discours annuel, la responsabilité de l'état de l'UE sur ses pays membres. Après 10 ans à la tête de la Commission, les députés attendaient un bilan de la part du chef de l'exécutif européen. 

Le très attendu discours annuel du président de la Commission européenne sur l’état de l’UE était aussi le dernier. José Manuel Barroso, qui va terminer son second mandat à la tête de la Commission s’est exprimé devant le Parlement européen à Strasbourg. Un discours sans surprises sur les grands axes de  réforme de l’UE et sur la crise.

Un discours sans surprises

Le président Barroso s’est montré positif sur la situation économique, affirmant que  l’UE avait « contre-attaqué » face à la crise financière, économique puis sociale qui a débuté il y a cinq ans. Il a également appelé le Parlement à  avancer sur les grands dossiers de l’union bancaire et du budget 2014-2020 et a insisté sur les priorités de  la baisse du chômage et de la relance de la croissance.

Pas de surprise sur le constat. Mais à l’approche des élections européennes et après presque 10 ans passés à la tête de la Commission, ce dernier a également profité de ce discours aux allures de bilan pour rappeler à chacun ses responsabilités dans les cinq ans de crise qu’a traversé  l’Europe.

Un rappel à l'ordre sur les responsabilités de chacun

« L'Europe n'est pas la cause des problèmes, l'Europe est une partie de la solution » a affirmé le président devant un hémicycle partiellement rempli. « Je sais qu’il y aura des gens pour dire que c’est l’Europe qui est responsable de la crise et des dures épreuves qu’elle a engendrées. Mais nous pouvons rappeler que ce n’est pas l’Europe qui est à l’origine de cette crise: celle-ci a été provoquée par la mauvaise gestion des finances publiques par les gouvernements nationaux et par des comportements irresponsables sur les marchés financiers » a-t-il ajouté.

Une façon pour José Manuel Barroso de rappeler à chacun ses devoirs. « Nous devons reconnaître que dans certains domaines, l’Europe n’a toujours pas le pouvoir de faire ce qu’on lui demande. Ceux – et ils sont nombreux – qui aiment attribuer les échecs à l’Europe et les succès aux États nationaux l'oublient bien trop facilement » a-t-il affirmé.

La remontrance vise en premier lieu les discours eurosceptiques qui se sont renforcés au cours des dernières années et trouvent une audience de plus en plus attentive à l’approche des élections européennes de mai 2014. Mais pas seulement. C’est aussi un message envoyé au États membres, parfois prompts à dénoncer les exigences de Bruxelles.

Tensions avec le gouvernement socialiste

En mai, la France avait d’ailleurs accusé un certain froid avec la Commission lorsque cette dernière lui avait demandé d’entamer de nombreuses réformes  en échange d’un répit de deux ans pour ramener  le déficit budgétaire sous la barre des 3 % du PBI. « La Commission n'a pas à nous dicter ce que nous avons à faire » avait rétorqué le Président François Hollande. A peine un mois plus tard, le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg,  faisait monter la tension en  accusant José Manuel Barroso, d'être « le carburant du Front national », après ses propos qualifiant la position française sur l'exception culturelle de « réactionnaire ».

Des tensions peu surprenantes, qui se sont cristallisées entre le chef de file  très libéral de la Commission et le gouvernement socialiste français.  Du côté des eurodéputés socialistes français, on ne manque pas dénoncer un mandat mené par « une Commission vassale des Etats, au service des lobbies et acquise à une vision ultra-libérale de la mondialisation ».  Autre lacune pointée du doigt par la délégation socialiste française, l’absence de bilan, malgré «  dix années passées à la tête de la Commission européenne, il refuse de le faire ».  De son côté la délégation française du PPE s’est sobrement refusée à tout commentaire sur le discours du président de la Commission européenne.