Barroso peine à convaincre sur son programme social [FR]
Le président reconduit de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et ses promesses de revigorer l’agenda social de l’UE ont reçu un accueil mitigé de la part des parties intéressées, certains se montrant pleins d’espoir tandis que d’autres craignent une répétition de la routine habituelle.
Le président reconduit de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et ses promesses de revigorer l’agenda social de l’UE ont reçu un accueil mitigé de la part des parties intéressées, certains se montrant pleins d’espoir tandis que d’autres craignent une répétition de la routine habituelle.
M. Barroso, qui a fait cette semaine un certain nombre de déclarations pour définir les priorités sociales de son second mandat, a affirmé que son ambition était de trouver un équilibre entre croissance durable et cohésion sociale, car dans une économie sociale comme l’est l’Europe, la croissance et la protection sociale sont indissociables.
Les engagements du président pour soutenir une Europe sociale lors de sa reconduction en septembre ont été généralement bien accueillis par les experts, bien que nombre d’entre eux les aient jugés trop vagues pour générer une réelle confiance.
Lundi (28 septembre), lors d’une réunion de la Spring Alliance, la plus grande coalition européenne représentant la société civile, M. Barroso a entrepris de détailler une stratégie plus complète pour les priorités sociales de son second mandat.
Pour commencer, il a réfuté les plaintes selon lesquelles la Commission n’a accordé qu’une oreille distraite à l’agenda social, affirmant que de très importants mécanismes de solidarité existent déjà.
Cependant, il a reconnu que dans l’état actuel des choses, il faudrait faire plus ; mais pour y parvenir, il aura besoin du soutien des Etats membres.
M. Barroso se confronte aux capitales européennes ?
La question des ambitions sociales de la Commission qui serait limitées par les vetos des Etats membres fut un thème récurrent, et un point de discussion déjà résolu étant donné que M. Barroso s’est décidé à promettre aux ONG sociales qu’il agirait davantage lors de son second mandat.
M. Barroso a effectivement reproché aux vetos nationaux de bloquer ses ambitions sociales. Aujourd’hui, je pense que nous devrions envisager la question suivante : ne devrions-nous pas proposer quelque chose au niveau de l’UE pour les plus défavorisés ? Ma réponse est « oui », a-t-il dit. Jusqu’ici, la réponse du Conseil a été « non » – voilà les faits, a-t-il affirmé.
Il a aussi abordé la question épineuse des objectifs sociaux, affirmant que sa Commission avait reconnu ce besoin dans sa communication de 2008 sur le renforcement de la méthode ouverte de coordination. Le problème, a dit M. Barroso, est que les Etats membres divergent sur la manière de mettre en œuvre de telles méthodes d’évaluation sociale au niveau de l’UE. Il en résulte que des objectifs unifiés en matière de politique sociale n’ont jamais vu le jour.
Mais M. Barroso a affirmé qu’il ferait avancer ce débat avec une vigueur renouvelée dans les capitales européennes. Réessayons et voyons s’ils sont prêts à accepter, a-t-il dit.
Les opinions divergeaient sur ces affirmations : reflètent-elles une réelle conviction ou un intérêt de pure forme. Se confiant à EURACTIV, le président du Parti des socialistes européens (PSE), Poul Nyrup Rasmussen, a critiqué de manière virulente les arguments de M. Barroso, l’accusant de blâmer à nouveau les autres pour son propre manque d’autorité chronique. Il est resté passif durant la crise et maintenant il refuse à nouveau de mettre sur la table des propositions pour faire progresser l’Europe sociale dans l’intérêt des citoyens européens, a-t-il dit.
La Spring Alliance, un défenseur acharné de l’emploi d’outils de mesure du progrès qui vont au-delà du PIB, était prête à accorder à M. Barroso le bénéfice du doute. Roshan di Puppo, directrice de la Plateforme sociale, qui a co-signé le programme de la Spring Alliance, a affirmé à EURACTIV que si M. Barroso renforçait et mettait davantage en avant la méthode ouverte de coordination comme instrument premier de la coordination transfrontalière des évaluations sociales dans l’UE, l’indicateur européen de mesure sociale constitue un choix réaliste pour les prochaines années.
Cependant, elle a donné sa préférence à une approche pas à pas, affirmant que si le moment était venu de mettre en place un tel indicateur, les Etats membres fixeraient les limites lors de la création d’objectifs quantifiables basés sur ces mesures.
Ce que je retiens de la déclaration de M. Barroso, c’est que nous devons d’abord faire aboutir l’indicateur, et ensuite seulement nous pourrons exhorter les capitales à s’intéresser à cette question. Je pense que c’est la bonne approche à adopter, a-t-elle conclu, ajoutant que si M. Barroso échoue à tenir ses promesses et revient à sa conviction d’un « effet de ruissellement » (i.e. de bas en haut) de la question sociale, alors la Spring Alliance est prête à publier des statistiques prouvant l’échec de cette méthode.