Barroso : "Les vieilles recettes ne fonctionnent plus"
A Paris, le président de la Commission européenne a appelé les États membre à faire de nouvelles réformes.
A Paris, le président de la Commission européenne a appelé les États membre à faire de nouvelles réformes.
Sans confiance, pas de croissance. Sans croissance, pas d’emplois. C’est le message qu’est venu faire passer le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, lors d’une visite à Paris, vendredi 26 novembre.
«Nous avons besoin de croissance en Europe. Toute la question est de savoir comment nous allons atteindre cet objectif», a-t-il affirmé. Accusé par certains de ne s’occuper que de la crise bancaire, José Manuel Barroso a voulu rassurer : «Oui, nous sommes préoccupés par l’impact social de la crise! Mais nous ne pouvons pas y remédier sans consolidation fiscale.»
Dans un discours prononcé à l’occasion d’un colloque organisé à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le président de la Commission est largement revenu sur la crise qui secoue la zone euro. «Les événements récents soulignent qu’il est urgent que de nombreux États membres doivent désormais prendre des mesures pour s’attaquer aux déséquilibre fiscaux.» Avant de poursuivre : «Pour ces pays il n’y a aucune alternative à une action immédiate et forte.»
Eviter une décennie perdue
José Manuel Barroso s’est dit convaincu que l’Europe pouvait à la fois retrouver la croissance tout en conservant son «modèle sociale». «Un euro dépensé pour payer les intérêts de la dette est un euro qui n’est pas dépensé pour financer les politiques sociales», a-t-il affirmé.
Le président de la Commission veut avant tout «restorer la confiance». Pour cela, il estime qu’il faut que les pays européens se réforment sans tarder. «Les enjeux sont élevés : aujourd’hui plus que jamais, on attend de l’Europe qu’elle mettent en œuvrent les réformes dont elle a besoin», a-t-il souligné. C’est, selon l’ancien premier ministre portuguais, le seul moyen d’éviter une «décennie perdue» à cause d’une croissance en panne et d’un taux de chômage élevé. «Cela aurait un impact désastreux sur l’Europe, et frapperait particulièrement les jeunes, ainsi que les groupes les plus vulnérables.
Les réformes doivent être nouvelles, a estimé M. Barroso. «Les vieilles recettes ne fonctionneront plus», a-t-il estimé.
Devant la presse, le président de la Commission a salué le «grand courage» des gouvernements de la zone euro, qui sont actuellement en train de prendre des mesures pour mettre fin à la crise dans leur pays. Une remarque qui intervient deux jours après la publication du plan de rigueur irlandais.
Interrogé sur la situation du Portugal, soumis à une très forte pression des marchés, José Manuel Barroso a nié être intervenu pour demander aux dirigeants de ce pays de recourir à l’aide internationale. « C’est absolument faux », a-t-il affirmé. Avant d’ajouter que le soutien international n’avait été « ni demandé », ni « suggéré ». Il a fustigé des «spéculations qui n’ont aucun rapport avec la réalité». Et également déploré que «des responsables politiques [fassent] chaque jour des commentaires au lieu de prendre des décisions». Un tacle qui s’adresse notamment à l’égard de la chancelière allemande Angela Merkel.