Barroso esquisse son programme quinquennal [FR]
José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, a donné les grandes lignes sa stratégie pour sortir l’UE de la récession s’il obtient l’approbation du Parlement européen pour un second mandat consécutif.
José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, a donné les grandes lignes sa stratégie pour sortir l’UE de la récession s’il obtient l’approbation du Parlement européen pour un second mandat consécutif.
S’exprimant à l’occasion d’un congrès économique à Barcelone la semaine dernière, M. Barroso a averti que les signes de reprise, bien qu’encourageants, n’en restaient pas moins fragiles et que les mesures de relance devraient certainement être maintenues pendant quelques temps.
Clairement, il est trop tôt pour cesser de soutenir l’économie et le secteur financier, a expliqué M. Barroso au Congrès de l’Association économique européenne le 25 août.
Alors que les plans de relance sont toujours en vigueur à travers l’Union européenne, il a déclaré que ramener les déficits publics en dessous de l’objectif européen de 3 % du PIB prendrait du temps, et il a admis que la date limite pour un retour à la normale des déficits ne devrait pas être la même pour tous les Etats membres.
La première priorité est de restaurer le flux du crédit, a affirmé le président de la Commission, ajoutant que pour prêter, les banques devaient être dans une position solide. La seconde priorité est de s’assurer que ces banques qui reçoivent assistance seront viables une fois le soutien public arrivé à son terme, a-t-il expliqué.
M. Barroso devrait se présenter devant les dirigeants politiques du Parlement européen les 8 et 9 septembre afin de présenter son programme quinquennal (EURACTIV 26/08/09). Il a toujours besoin d’un vote d’approbation de la part de l’assemblée européenne afin d’être reconduit pour un second mandat.
Combattre le chômage est devenue notre priorité numéro un, a-t-il dit, expliquant que les mesures de soutien social dans les plans de relance nationaux faisaient partie de cet effort.
Mais il a aussi prévenu que les mesures de relance ne pouvaient pas continuer indéfiniment, expliquant que les Européens devaient d’ores et déjà se préparer à une stratégie de sortie de ces mesures. A un moment donné, a-t-il déclaré, de nouvelles sources de croissance devront prendre le relais, soulignant :
- Des marchés ouverts : dans de nombreux cas, ce sont les barrières non tarifaire qui entravent les exportations européennes, a déclaré M. Barroso. Il faut donc plaider pour une plus grande coopération en matière de réglementation avec nos principaux partenaires commerciaux. Au sein de l’UE, compléter et exploiter le marché unique devrait être une priorité.
- Réseaux : construire un réseau haut débit Internet, sécuriser l’approvisionnement énergétique et améliorer les interconnexions énergétiques.
- Innovation : mettre en place une nouvelle stratégie de propriété intellectuelle.
- Compétences : certaines industries et certains secteurs vont décliner. Il va falloir assurer un processus de restructuration en douceur et aider les gens à se reconvertir dans d’autres secteurs, a déclaré M. Barroso, ajoutant que les mesures de création d’une économie verte allaient également déboucher sur des emplois nouveaux et écologiques. Les « emplois blancs » destinés à prendre soin des personnes âgées et des enfants apporteront aussi de nouvelles opportunités alors que la population européenne vieillit et que davantage de femmes entrent sur le marché du travail, a-t-il dit.
- Transition vers une économie pauvre en carbone et efficiente en ressources : il s’agit là d’une grande opportunité, pas d’un problème mais d’une chance, a souligné M. Barroso, expliquant que cela signifiait également s’assurer que nos politiques environnementales prennent en compte la situation de l’industrie européenne et sa capacité à s’adapter.
- Contrôle de la qualité des dépenses publiques : avec moins de ressources en provenance des marchés financiers, les gouvernements vont devoir marquer le coup au niveau de leurs dépenses, a expliqué le président de la Commission. Malgré tout, au même moment, ils vont être eux même soumis à de sévères contraintes financières, a-t-il averti. Etablir des priorités va être d’une importance capitale. Le président de la Commission estime donc qu’il y a là une possibilité pour étendre la surveillance dans le cadre du Pacte de croissance et de stabilité afin d’inclure un examen à la fois des dépenses et de la fiscalité afin de voir si elles sont suffisamment favorables à la croissance.
La crise pose des défis immenses, a conclut M. Barroso, masi elle présente aussi des opportunités significatives. Il a admis, cependant, que ces dernières mettraient longtemps avant de porter leurs fruits.