Barroso : aucun pays ne peut être exclu de la zone euro

Dans un entretien diffusé en amont d'un sommet européen prévu la semaine prochaine, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a déclaré que l'expulsion d'un pays de la zone euro, comme suggéré par la chancelière allemande Mme Merkel, serait contraire aux règles du traité de l'UE.

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Dans un entretien diffusé en amont d'un sommet européen prévu la semaine prochaine, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a déclaré que l'expulsion d'un pays de la zone euro, comme suggéré par la chancelière allemande Mme Merkel, serait contraire aux règles du traité de l'UE.

S'exprimant sur la chaîne de télévision France 24, M. Barroso a réagi aux propos tenus par la chancelière allemande Angela Merkel, qui a affirmé que les règles européennes devaient changer pour que les pays qui ne respectent pas de manière répétée les orientations économiques de l'Union puissent être expulsés de la zone euro (EURACTIV 18/03/10).

Selon le traité de Lisbonne, aucun pays ne peut être exclu de la zone euro, a déclaré M. Barroso. Certaines idées peuvent être lancées pour l'avenir, mais ceci n'est tout simplement pas possible dans le cadre du traité, a-t-il dit.

L'entretien sera diffusé dans son intégralité le samedi 20 mars à 12h40 (heure de Paris) et a été publié en avant première pour les lecteurs d'EURACTIV.

A brève échéance, le président de la Commission a insisté sur le fait que la surveillance des pays de la zone euro devrait être renforcée. Voici ce que nous allons présenté le mois prochain : certains mécanismes qui garantiront qu'un pays peut respecter dans les faits le principe fondamental de stabilité fiscale.

La solidarité doit être mutuelle, a expliqué M. Barroso. Lorsqu'un Etat membre est membre de l'euro, il a aussi des obligations envers les autres. Il ne s'agit pas seulement de recevoir un certain soutien : il s'agit aussi de respecter les règles qui ont été convenues en commun.

M. Barroso a refusé de s'attarder sur ce qui arriverait si la Grèce snobait les Européens et se tournait vers le FMI si elle ne reçoit pas d'aide financière de la part de l'UE.

Ce que je veux rappeler, c'est que la Grèce et tous les États de l'Union européenne sont membres du FMI. Les pays européens sont même de loin la plus grosse source de revenus pour le FMI. Donc ce n'est pas une question de prestige. La question est de savoir quel sera le meilleur moyen de répondre à cette situation.

Interrogé à propos du refus de l'Allemagne d'apporter des financements à la Grèce, criblée de dettes, M. Barroso a insisté sur le fait que tous les pays européens, y compris l'Allemagne, étaient prêts à aider.

L'Allemagne est prête, dans le cas où la Grèce en aurait besoin. Pour l'instant, Athènes n’a réclamé aucune assistance financière, a-t-il souligné.

Cette semaine, j'ai reçu le premier ministre grec M. Papandreou. Il n'a pas demandé d'aide financière. Ce que nous pensons désormais, c'est qu'il nous faut dès que possible une sorte de mécanisme déjà prêt juste au cas où, a-t-il conclu.