Barrages routiers au Kosovo : le président serbe face à ses contradictions
Le président serbe Aleksandar Vučić a déclaré à plusieurs reprises que Belgrade et son gouvernement n’étaient pas à l’origine des blocages de routes dans le nord du Kosovo. Il s’est toutefois contredit dans un commentaire adressé aux médias mercredi.
Le président serbe Aleksandar Vučić a déclaré à plusieurs reprises que Belgrade et son gouvernement n’étaient pas à l’origine des blocages de routes dans le nord du Kosovo. Il s’est toutefois contredit dans un commentaire adressé aux médias mercredi (21 décembre).
Des barrages et des barricades ont été mis en place sur les principaux axes routiers menant à la frontière serbe il y a 12 jours, provoquant de fortes tensions entre Belgrade et Pristina.
Aleksandar Vučić avait précédemment affirmé que « personne à Belgrade n’a ordonné la mise en place des barricades ». Il avait également ajouté que « les autorités ne mèneront pas d’actions violentes contre les manifestants ».
Or, à l’issue d’une réunion en Azerbaïdjan mercredi, il a déclaré aux médias, que les barricades ne seraient levées que si certaines conditions étaient remplies. Des conditions qui vont dans le sens des demandes du gouvernement serbe.
« Formez d’abord la Communauté des municipalités serbes, puis nous retirerons les barricades », a-t-il déclaré à l’agence Beta.
Le projet controversé de Communauté des municipalités serbes, convenu dans l’accord de Bruxelles de 2013, prévoit la création d’une structure serbe parallèle au Kosovo, dotée de pouvoirs exécutifs. Elle a été jugée inconstitutionnelle par un tribunal du Kosovo et le Premier ministre du pays Albin Kurti a déclaré qu’il n’avait pas signé l’accord et qu’il n’irait pas à l’encontre de la constitution.
Il a également indiqué qu’il ne voulait pas provoquer une situation comme celle de la Bosnie-Herzégovine avec la République serbe de Bosnie (Republika Srpska), qui a essentiellement échoué.
La présidente kosovare Vjosa Osmani a quant à elle indiqué que les Serbes étaient libres de créer leur propre association, qui pourrait fonctionner de la même manière qu’une ONG mais ne disposerait pas de pouvoirs exécutifs.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]