Barack Obama négociera avec les chefs d’État à Copenhague
Contrairement à ce qui avait été annoncé, le président américain sera présent en même temps que les chefs d’État et de gouvernement pour les négociations de clôture de la conférence internationale sur le climat.
Contrairement à ce qui avait été annoncé, le président américain sera présent en même temps que les chefs d’État et de gouvernement pour les négociations de clôture de la conférence internationale sur le climat.
Revirement de situation. L’annonce faite par la Maison Blanche de la venue du président américain à Copenhague le 18 décembre, à l’occasion de la clôture de la 15ème conférence des Nations Unies pour le changement climatique (CNUCC) est un soulagement pour la communauté internationale. Sans Barack Obama à la table des négociations, il paraissait en effet difficile d’espérer ne serait-ce qu’un accord politique sur l’avenir du protocole de Kyoto après 2012.
Le président américain refusait jusqu’à présent de venir discuter en personne avec la centaine de chefs d’État et de gouvernement attendus dans la capitale danoise les deux derniers jours de la réunion.
Son passage à Copenhague était prévu le 9 décembre. Une escale sur la route de son voyage en Suède où Barack Obama doit recevoir le prix Nobel de la paix.
« Après en avoir discuté avec d’autres dirigeants et compte tenu des progrès déjà enregistrés destinés à donner de l’élan aux négociations, le président est convaincu que sa présence à la conférence de Copenhague peut être plus efficace le 18 décembre que le 9 », a indiqué la Maison Blanche dans un communiqué, vendredi 4 décembre.
10 milliards d’euros par an d’ici 2012
Le texte précise également que les discussions de Barack Obama avec le premier ministre australien Kevin Rudd, la chancelière allemande Angela Merkel, le président Nicolas Sarkozy et le premier ministre britannique, Gordon Brown, montrent l’existence d’un consensus sur la nécessité de mobiliser 10 milliards de dollars par an d’ici 2012 pour aider au financement de l’adaptation et de l’atténuation du changement climatique dans les pays du Sud. Cette somme correspond à la demande de l’ONU pour l’aide additionnelle au financement des pays en développement ces trois prochaines années.
Ces déclarations américaines relancent les négociations et la perspective de parvenir à un accord politique à l’issue de la négociation. C’est en effet entre les chefs d’État et de gouvernement que la partie va se jouer.
Les discussions techniques ont lieu entre le 7 et le 14 décembre. Elles laissent place à des négociations au niveau ministériel pendant trois jours. Les dirigeants politiques d’une centaine de pays, dont l’ensemble des États membres de l’UE, sont attendus les 17 et 18 décembre pour clore la négociation.
Le président chinois Hu Jintao ayant annoncé sa venue. L’absence des États-Unis, plus gros émetteur de gaz à effet de serre avec l’UE et la Chine, devenait difficile. La décision a cependant été prise à la dernière minute. Jeudi 3 décembre, l’ambassadeur américain à Paris demandait encore à être reçu en urgence par le ministre de l’Ecologie français, Jean-Louis Borloo.
Le président français qui a fait de la réussite de la conférence de Copenhague un cheval de bataille a réagi au communiqué de la Maison Blanche. « Le président de la République accueille avec beaucoup de satisfaction l’annonce par le président Obama de sa venue le 18 décembre. (…) [Il] souhaite plus que jamais la présence de tous les leaders au sommet de Copenhague, pour prendre ensemble les engagements ambitieux nécessaires à la protection de la planète et des générations futures », a indiqué un communiqué de l’Elysée.
« Je suis très optimiste pour Copenhague. Nous aurons un accord – et je crois qu’il sera signé par tous les pays membres de l’ONU, ce qui serait historique », a pour sa part indiqué le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon dans un entretien au quotidien danois Berlingske Tidende, le 6 décembre.
« Nous avons le bon esprit politique. Tous les chefs d’État et de gouvernement sont d’accord sur l’objectif – combattre le réchauffement climatique. Maintenant, il nous faut juste nous mettre d’accord sur la façon de le faire. Ca va aller », a-t-il ajouté.