Banque centrale européenne : pour Antonio Tajani, la hausse des taux nuit à la croissance de l’Italie

Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a critiqué la décision de la Banque centrale européenne de relever ses taux et lui a demandé de faire le contraire pour encourager la croissance.

EURACTIV Italie
European Parliament President Tajani lecture in Rome
« Augmenter les taux nuit à la croissance de notre pays. En Chine, pour contrer la crise de la bulle immobilière, le taux d’intérêt a été abaissé. C’est ce qu’il aurait fallu faire, et c’est exactement le contraire de ce qu’a fait la BCE », a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani. [EPA-EFE/GIUSEPPE LAMI]

Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a critiqué la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de relever ses taux et lui a demandé de faire le contraire pour encourager la croissance.

Le gouvernement de la Première ministre Giorgia Meloni (Frères d’Italie, Conservateurs et Réformistes européens) n’a pas hésité à critiquer la BCE et sa présidente, Christine Lagarde. Mercredi (23 aout), le ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre Antonio Tajani (Forza Italia, Parti populaire européen) s’est joint à ces critiques lors du Meeting de Rimini, un évènement organisé par l’influent groupe catholique Communion et Libération.

« Augmenter les taux nuit à la croissance de notre pays. En Chine, pour contrer la crise de la bulle immobilière, le taux d’intérêt a été abaissé. C’est ce qu’il aurait fallu faire, et c’est exactement le contraire de ce qu’a fait la BCE », a expliqué le ministre.

M. Tajani a également présenté la voie que suivra le gouvernement italien dans les mois à venir, confirmant qu’il procédera à la réduction de l’écart fiscal et à la baisse des impôts sur les salaires des employés, à l’imposition des primes du 13e mois, des heures supplémentaires et des primes de production.

« Sans croissance, il n’est pas possible de sortir d’un moment compliqué, indépendamment de la volonté de l’Italie. Il est évident que nous ne pouvons pas tout faire. Nous devons donner la priorité aux familles, aux entreprises, défendre le pouvoir d’achat des salaires, défendre le pouvoir d’achat des retraites », a expliqué le responsable politique devenu le nouveau leader de Forza Italia après le décès de son président et fondateur Silvio Berlusconi.

En juin dernier, M. Tajani s’était dit déçu par Mme Lagarde en raison de ses choix de politique économique, soulignant notamment qu’il n’était pas d’accord avec le fait que les annonces de hausses de taux aient été faites longtemps à l’avance, ce qui a provoqué la panique et davantage de dégâts.

L’autre vice-Premier ministre du gouvernement, Matteo Salvini, ministre des Transports et chef de file de la Ligue (Identité et Démocratie), s’en est également pris à la BCE, qualifiant la hausse des taux d’« insensée et néfaste », en particulier pour l’Italie.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]