Balkans occidentaux : l’UE propose un plan d’action pour la gestion des routes migratoires

À la veille d’un sommet clé entre l’UE et les Balkans occidentaux, la Commission européenne a présenté, lundi (5 décembre), un « plan d’action » visant à faire face à l’augmentation du nombre de migrants entrant dans l’UE par cette région.

Euractiv.com
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Point de presse de la commissaire européenne Ylva Johanssson (sur la photo) et du vice-président de la commission Margarítis Schinás concernant le plan d’action de l’UE pour la route des Balkans occidentaux. [Commission européenne/Aurore Martignoni]

À la veille d’un sommet clé entre l’UE et les Balkans occidentaux, la Commission européenne a présenté, lundi (5 décembre), un « plan d’action » visant à faire face à l’augmentation du nombre de migrants entrant dans l’UE par cette région.

Le plan de la Commission européenne comprend cinq piliers axés sur le renforcement de la gestion des frontières le long des itinéraires, l’accélération des procédures d’asile et le soutien des capacités d’accueil, mais aussi la lutte contre le trafic de migrants, le renforcement de la coopération en matière de réadmission et de retour et l’harmonisation de la politique des visas.

L’un de ces piliers prévoit que des agents de Frontex, l’agence européenne pour les frontières extérieures, puissent bientôt être déployés aux frontières du bloc dans les Balkans occidentaux dans le cadre d’un plan visant à limiter les arrivées irrégulières en provenance de la région.

Selon les dernières données de Frontex, plus de 128  000 passages illégaux vers l’UE via les Balkans occidentaux ont été enregistrés au cours des dix premiers mois de l’année. Par ailleurs, l’agence affirme que cette route reste le point d’entrée dans l’Union « le plus actif ».

Cela représente une augmentation de 168 % par rapport à la même période en 2021.

« Dans les Balkans occidentaux, 500 agents de Frontex sont déjà déployés, mais aujourd’hui, ils ne sont déployés qu’à la frontière entre les partenaires des Balkans occidentaux et les frontières extérieures de l’UE », a déclaré la commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson devant les journalistes à Bruxelles.

« Avec un nouveau mandat, il sera possible de déployer des effectifs à l’intérieur de l’UE, c’est-à-dire entre deux partenaires différents des Balkans occidentaux », a indiqué Mme Johansson. Elle a toutefois précisé qu’il appartiendrait à Frontex de décider du nombre de personnes déployées.

Le plan de l’exécutif européen prévoit également une meilleure harmonisation des visas entre les pays des Balkans occidentaux et l’Union européenne, de manière à éviter que les ressortissants étrangers qui se rendent dans la région sans visa ne passent également dans l’Union européenne.

Cette question sera à l’ordre du jour de la réunion des dirigeants du bloc et de leurs homologues des Balkans occidentaux à Tirana mardi (6 décembre).

Parallèlement au plan d’action, l’exécutif européen a également présenté un rapport sur la suspension des visas dans le cadre de la surveillance du régime d’exemption de visa de l’UE avec l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, la Macédoine du Nord, la Serbie, ainsi que la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine.

Bien que le rapport indique que les conditions requises pour un régime d’exemption de visa sont toujours remplies, il souligne également un besoin important d’alignement des régimes de visa des pays des Balkans occidentaux sur ceux des pays tiers bénéficiant du régime de visa de l’UE.

Actuellement, la majorité des pays des Balkans occidentaux ont des accords d’exemption de visa avec l’UE, mais Mme Johansson a expliqué que la Serbie était le principal point d’entrée dans le bloc. La Serbie dispose en effet d’accords d’exemption de visa avec une douzaine de pays tiers à travers le monde.

Belgrade a récemment mis fin à ses accords d’exemption de visa avec la Tunisie et le Burundi et a « également promis de faire de même avec l’Inde et de s’aligner davantage sur d’autres pays tiers », a ajouté Mme Johansson.

« Mais tous les partenaires des Balkans occidentaux présentent des lacunes importantes en matière d’alignement de leur politique des visas sur celle de l’UE, et c’est pourquoi il convient de les combler dans tous les pays des Balkans occidentaux », a-t-elle précisé.

« Avec un renforcement de l’alignement en Serbie, il pourrait y avoir un risque de voir se dessiner de nouvelles routes utilisant les régimes d’exemption de visa dans d’autres pays des Balkans occidentaux », a averti Mme Johannson.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]