Bali : L’UE menace de faire échouer les négociations
Alors que la conférence de Bali touche à sa fin, les oppositions entre Européens et Américains sur la réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) sont toujours vives. Les discours prononcés par le prix Nobel de la paix, Al Gore, et le ministre français de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, n’ont pas arrangé les choses.
Alors que la conférence de Bali touche à sa fin, les oppositions entre Européens et Américains sur la réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) sont toujours vives. Les discours prononcés par le prix Nobel de la paix, Al Gore, et le ministre français de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, n’ont pas arrangé les choses.
En bref :
Après les discussions techniques, place aux négociations ministérielles. Le 12 décembre, le commissaire européen à l’Environnement, Stavros Dimas, a indiqué aux délégués présents que l’UE serait inflexible sur l’inclusion, dans la feuille de route de Bali, d’objectifs de réduction des gaz à effet de serre en terme absolus.
Lors de son discours à la tribune, le ministre français de l’Ecologie, du développement et de l’aménagement durables, Jean-Louis Borloo, a enfoncé le clou. « A ceux, pays industrialisés, à ceux d’entre nous qui hésitent à s’engager comme si cela pouvait créer une décroissance sociale et économique dans leur pays. Je voudrais leur dire que nous devons nous engager sur cette réduction de 25 à 40% d’ici à 2020 des émissions de gaz à effet de serre », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : « Sans engagements quantifiés des pays industrialisés, la discussion des moyens sans objectifs risque d’ajouter à l’incompréhension. »
Le discours prononcé par le prix Nobel de la paix, l’Américain Al Gore, a achevé de mettre le feu aux poudres. « Je vais vous dire une vérité qui dérange : mon propre pays, les États-Unis, est le principal responsable de l’obstruction à tout progrès ici à Bali », a-t-il déclaré.
La délégation américaine à Bali est pour le moment braquée sur la question des objectifs chiffrés. Les États-Unis s’opposent fermement à l’introduction d’engagements contraignants dans la feuille de route et plaident pour la mise en oeuvre d’objectifs nationaux, contrairement à ce qu’ils avaient laissé entendre dans leurs précédentes déclarations.
De leur côté, la Chine et l’Inde résistent également aux appels de l’UE.
Cette impasse suscite la crainte que les discussions produisent un cadre de négociation trop large aboutissant à un accord international peu solide sur le changement climatique, sans engagements significatifs pour les grands pays pollueurs. Ces inquiétudes augmentent d’autant plus que les négociations touchent à leur fin. Les ministres ont jusqu’à cette nuit, date de clôture de la conférence de Bali, pour parvenir à un accord.
Malgré cette mauvaise passe apparente dans les négociations, il semble que certains progrès ont été réalisés sur la question des transferts financiers aux pays en développement les plus touchés par l’augmentation du niveau des mers, la désertification, et les autres conséquences du changement climatique.
Le Fonds pour l’Environnement Mondial (Global Environnement Facility), un fonds d’adaptation au changement climatique pour les pays en développement, inclu à l’origine dans le protocole de Kyoto en 1997, est actuellement en cours d’évolution.
D’après un accord conclu le 11 décembre, ce fonds, dont le poids est aujourd’hui relativement limité (40 millions de dollars), sera alimenté par un impôt sur les transactions de 2 % dans le cadre du mécanisme de développement propre (MDP). Celui-ci consiste pour les pays riches à investir dans des projets propres dans les pays en développement en échange de crédits d’émissions de CO2.
D’après les prévisions de l’ONU, si le MDP fonctionne bien, le fonds pourrait augmenter de un à cinq milliards d’euros par an d’ici 2030.
Pourtant, certains observateurs estiment que ce fonds est insuffisant pour les pays en développement, qui auraient besoin de 50 milliards par an pour s’adapter au changement climatique.