Avramopoulos appelle les États membres à mieux coopérer sur l'enjeu des réfugiés

Si Ankara ne participe pas à l'effort européen, la crise des réfugiés continuera à s'aggraver, a averti Dimitris Avramopoulos. 

EURACTIV Grèce
Dimitris Avramopoulos, commissaire européen à la migration, aux affaires intérieures et à la citoyenneté.
Dimitris Avramopoulos, commissaire européen à la migration, aux affaires intérieures et à la citoyenneté. [<a href="http://ec.europa.eu/avservices/avs/files/video6/repository/prod/photo/store/13/P029473000102-705844.jpg" target="_blank" rel="noopener">[European Commission]</a>]

Si Ankara ne participe pas à l’effort européen, la crise des réfugiés continuera à s’aggraver, a averti Dimitris Avramopoulos. 

Dans un entretien avec Skai, le partenaire d’EURACTIV en Grèce, le commissaire européen à la migration, aux affaires intérieures et à la citoyenneté, Dimistris Avramopoulos a reconnu que la Turquie et l’Europe n’étaient pas encore parvenues à un accord sur la gestion de l’immigration et des vagues de réfugiés.

« Les négociations avec la Turquie ont débuté récemment et sont toujours en cours […] nous aurons un résultat d’ici peu », a-t-il expliqué, soulignant qu’Ankara avait commencé à coopérer avec l’Europe.

Il a ajouté qu’il ne s’agissait pas de faire de grandes concessions, mais que la Turquie avait besoin d’argent pour arrêter la vague d’immigrés et que sa contribution était essentielle. « Si la Turquie ne participe pas aux efforts européens, la situation s’aggravera. »

Réticence des États membres

Face à la crise des réfugiés, l’UE a réagi à temps, estime Dimitris Avramopoulos, qui appelle les États membres à suivre ses propositions.

« Nous avons présenté un programme pour l’immigration, qui a été débattu et approuvé par le Parlement européen. Dans les trois mois qui ont suivi, nous avons approuvé un plan d’action pour la lutte contre les trafiquants d’êtres humains […] qui profitent de ces pauvres gens», a-t-il rappelé, ajoutant que l’UE avait aussi adopté un plan de réinstallation des réfugiés. « L’Europe va de l’avant, mais ses États membres doivent aussi y mettre du leur, et sont appelés à appliquer cette politique », insiste-t-il.

Il a également loué le rôle du Parlement européen, qui a su se montrer à la hauteur de la crise. « [Le Parlement] est notre allié le plus important, mais je voudrais également avoir l’assentiment et l’engagement des États membres », indique le commissaire.

Pas de murs

Dimitris Avramopoulos a parlé des murs et barrières érigés pour empêcher les immigrants d’entrer en Europe et a rappelé que l’UE y était opposée. « En particulier ceux qui sont au sein même de l’UE », précise-t-il, dans une remarque destinée à la Hongrie. 

Budapest a en effet construit un mur de 175 km le long de sa frontière avec la Serbie en septembre 2015, avant d’un installer un autre à la frontière croate le mois suivant.

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Le gouvernement hongrois se prépare aussi à se joindre à la Slovaquie, pour faire appel auprès de la Cour de justice de l’UE contre la politique européenne sur l’immigration.

>> Lire : La Hongrie prête à se joindre à la Slovaquie pour poursuivre l’UE

Lors d’un vote à la majorité, les États membres ont validé la redistribution des immigrants arrivés en Grèce et en Italie vers les 26 autres pays. Tout comme la Slovaquie, la Hongrie s’était opposée à cette décision lors des négociations difficiles ayant précédé le vote.

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Dimistris Avramopoulos met en garde contre la recrudescence de politiques nationalistes dans la région des Balkans, toujours « sensible ». « Certains [États membres] tirent l’Europe en arrière, aussi loin qu’avant la Deuxième Guerre mondiale », dénonce-t-il.

Immigration légale

Le commissaire a indiqué que l’Europe avait besoin de ces migrants et aurait déjà dû revoir sa politique d’immigration légale.

« L’Europe vieillit et aura besoin de travailleurs qualifiés et de scientifiques », rappelle-t-il, précisant que « nous présenterons très rapidement un projet sur l’immigration légale. » Cela devrait avoir lieu dans le premier semestre de l’année prochaine.

Il a également parlé de la situation de la Grèce. Athènes se concentrait sur la résolution de ses problèmes économiques et « personne n’aurait pu imaginer que des milliers de réfugiés arriveraient de la côte turque l’été dernier ».

« La Grèce accueille la plus grande partie des immigrants qui arrivent et est contrainte d’offrir une aide garantissant la dignité de tous ceux qui fuient la guerre », a-t-il souligné. « Aujourd’hui, la Grèce est sur la bonne voie. »