Avenir de l’Europe : les citoyens doivent s’approprier l’UE

Le Groupe des sages sur l’avenir de l’Europe appelle les leaders politiques à "changer le ton" de leurs discours et à s’assurer du soutien des citoyens dans les réformes à mener.

EURACTIV.fr

Le Groupe des sages sur l’avenir de l’Europe appelle les leaders politiques à « changer le ton » de leurs discours et à s’assurer du soutien des citoyens dans les réformes à mener.

Il ne faut pas s’attendre à des révélations majeures dans le rapport qui sera transmis par Felipe Gonzalez au président du Conseil européen Herman van Rompuy le 8 mai 2010, à l’occasion de l’ouverture des portes des institutions européennes aux citoyens. Si les auteurs (voir contexte) ont rédigé un texte qui fait œuvre « de consensus et de compromis », il envoie toutefois des messages clairs, comme « l’UE se trouve à un point clé de son histoire ».

Ils affirment également que l’UE peut être le moteur du changement dans le monde plutôt qu’un témoin passif. Ils énumèrent les choix qui doivent être faits aujourd’hui, car selon eux, ils affecteront la capacité de l’UE à agir en 2030.

Renforcer la gouvernance économique arrive en tête des rubriques. Ce n’est pas une surprise puisque Felipe Gonzalez avait manifesté son soutien à un des objectifs majeurs de la présidence espagnole de l’UE, à savoir renforcer « le gouvernement économique européen » et améliorer la coordination des politiques économiques et sociales de l’UE.  

« Nous avons besoin  : d’inclure dans les critères de convergence de l’Union des mesures pour corriger les pertes de compétitivité ; d’adopter des instruments permettant d’assurer la stabilité monétaire, de réformer le fonctionnement et la surveillance des institutions financières en amont du G20 », détaille le texte.

Le Groupe des sages plaide également en faveur d’une économie de marché sociale et compétitive œuvrant pour la cohésion sociale et l’environnement. Cela requiert selon le Groupe des sages une réforme ambitieuse et un système de mesures incitatives, s’appuyant sur la stratégie Europe 2020.

Comme le défendaient récemment, l’ancien président de la Commission Jacques Delors et le président du Parlement européen Jerzy Buzek, le Groupe des Sages met l’accent sur le besoin de l’Union de mettre en œuvre une politique énergétique commune. La nécessité d’engager une discussion sérieuse sur la sécurité du nucléaire civil a aussi été soulignée.

Le groupe a également appelé l’Union européenne à jouer un rôle plus affirmé dans le monde.

Coupant court aux débats sur l’élargissement, le résumé du rapport développe l’idée que le bien-être et la sécurité des européens sont liés à une relation privilégiée avec leurs voisins.

Cependant, aucuns de ces objectifs affichés ne peut être atteints sans le renforcement des liens qui lient l’Union européenne à ses citoyens, ont écrit les auteurs du rapport.

Faisant écho aux récents appels de la Commission européenne destinés à régler les difficultés quotidiennes des citoyens européens, le Groupe des sages a mis l’accent sur les droits sociaux, civils, et familiaux, qui devraient être respectés dans l’ensemble de l’Union où les citoyens jouissent d’une liberté de circulation. Les sages se sont aussi mobilisés en faveur d’une meilleure coopération entre les différents échelons du pouvoir (national, régional et local) et sur une véritable participation de la société civile dans la vie politique.